Afrique du Sud : L’ANC sort affaibli des élections législatives

Afrique du Sud : L’ANC sort affaibli des élections législatives

Des agents de l’IEC lors du dépouillement des bulletins de vote des élections générales du 8 mai 2019 © nytimes.com

La Commission électorale nationale (IEC), après dépouillement des bulletins de vote à plus de 95% sur le territoire sud-africain, donne le parti du Congrès national africain (ANC) gagnant avec une majorité. Pour la toute première fois dans l’histoire de cette formation politique, l’ANC dispose d’une majorité en deçà de 60%. Un taux qui résulte des affaires qui ont ébranlé ce parti et qui ont conduit à la démission de l’ex Président Jacob Zuma.

 

Par Daphney Gbètogbé

Selon l’IEC, l’ANC a recueilli 57,73% des voix à la suite des élections générales tenues en Afrique du Sud ce mercredi 8 mai. Ce parti, éclaboussé par des dossiers de scandales surtout liés à la corruption réalise son pire score électoral depuis la fin de l’apartheid en 1994. Mais pour des partisans de cette formation politique, « le score serait encore catastrophique si le Président Cyril Ramaphosa n’activait pas sa stratégie managériale et démontait ses capacités à redorer le blason du parti ».

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Cette victoire de l’ANC avec ce score électoral (le plus bas de son histoire) rassure le Président Ramaphosa mais ne lui garantit pas une victoire systématique selon les membres des partis de l’opposition, Alliance démocratique (DA) et EFF.  Mais il y a plus de peur que de mal puisque le Président pourrait toujours bénéficier de la confiance des 230 sièges sur les 400 que doivent occuper les élus de l’ANC.

Sans nul doute, la décennie presque de la gouvernance de l’ex Président, Jacob Zuma,  caractérisée par le « clientélisme » et fortement secouée par la corruption  a beaucoup entaché cette élection. L’actuel Président de la République, Cyril Ramaphosa qui devrait prouver qu’il est l’homme de la situation renouvellera son mandat. Mais au fond, moins d’un an et demi de gouvernance, Cyril Ramaphosa n’a pas apporté un changement aussi significatif dans le vécu quotidien des Sud-africains. Toutefois, sa gouvernance a permis de restaurer une certaine confiance et un peu d’espoir auprès d’une frange, ce qui lui aurait certainement permis d’éviter une sanction électorale.

Au regard des résultats de cette élection issus de l’IEC, le principal parti de l’opposition DA a chuté comparativement à son score des dernières élections de 2014. Dans le même temps, l’autre parti de l’opposition EFF mis en place en 2013, a grimpé de quelques points contrairement aux sondages qui le créditaient de moins de 10%.

L’Assemblée nationale prête à recevoir les nouveaux élus

Après des mois d’intenses préparations en vue de l’installation, sans encombre, l’Assemblée nationale de la République d’Afrique du Sud est désormais prête, selon les services administratifs, à accueillir les nouveaux élus issus de ces élections générales dans le pays. Selon la date provisoire retenue par le juge en chef, la sixième législature  sous la démocratie sera installée le 22 mai prochain.

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Selon la constitution du pays, le parlement doit être mis en place quatorze (14) jours après la proclamation des résultats par l’IEC. C’est donc le juge en chef qui procédera à leur installation et le président de la Cour suprême recevra, lui, leur serment d’affirmation et de fidélité à la constitution du pays. Il s’adonnera au même exercice le 23 mai prochain pour des élus des assemblées provinciales.

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