Bénin : Des femmes à l’assaut des sièges parlementaires malgré leur positionnement

Bénin : Des femmes à l’assaut des sièges parlementaires malgré leur positionnement

Les béninois se rendront aux urnes le 28 avril prochain pour élire leurs représentants de la 8ème législature. Si les briscards de la politique béninoise ne comptent pas céder leurs sièges de sitôt, les femmes, elles, comptent batailler sur le terrain et dans les instances de décisions de ces formations politiques pour leur meilleure représentativité au sein de ce parlement.

 

Par Josaphat D.Bolinon Finogbé

« Nous nous engageons à changer le visage de notre parlement à partir de 2019 avec une meilleure représentativité des femmes ». Tel est le vœu que comptent réaliser les femmes béninoises qui se sont engagées en politique et qui désirent siéger à la 8ème législature. Longtemps reléguées au second rang dans l’animation de la vie politique dans ce pays, ces femmes, désormais engagées, entendent mener autrement le combat pour un résultat plus concret et plus élogieux au soir des législatives de 2019.

« Nous envisageons une meilleure représentativité des femmes à l’issu du prochain scrutin législatif. La loi N°2018-031 portant code électoral adoptée par les parlementaires de la 7ème législature n’est certes pas favorable à l’émergence de la gente féminine, mais nous n’allons pas abandonner la lutte jusqu’à l’atteinte de cet objectif ». Ainsi s’est exprimée Léontine Idohou, présidente du Réseau pour l’intégration des femmes des ONGs d’Afrique (RIFONGA) au cours d’un entretien exclusif accordé à nos confrères du quotidien du service public « la Nation ». Qu’elles soient de la société civile, de la classe politique tant de l’opposition que de la mouvance présidentielle ou des autres couches socioprofessionnelles, ces femmes se disent désormais engagées pour leur présence record au parlement à partir de 2019.

Cette volonté de représentativité des femmes au sein du parlement béninois rime bien avec l’axe N°9 du Plan stratégique de développement et de modernisation de l’Assemblée nationale qui mentionne « la promotion du genre et des droits humains au regard des valeurs éthiques morales de la culture béninoise et universelle ».Le tableau qu’a toujours présenté l’hémicycle béninois en matière de la présence des femmes est peu reluisant depuis la 1ère législature jusqu’à la 7ème. Sur les 83 députés de cette 7ème législature, seulement 7 femmes y sont représentées. « Alors que le Bénin peut être aussi cité en exemple à l’image du parlement rwandais qui comporte 63% des femmes à l’Assemblée nationale, celui du Sénégal avec 44% des femmes ou comme celui togolais qui totalise 17,5% de femmes », a vivement souhaité pour la 8ème législature l’actuel président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji lors de la conférence interparlementaire tenue à Cotonou sur la représentativité des femmes au parlement béninois.

L’activisme des femmes engagées dans la politique depuis quelques mois n’est plus à démontrer. Qu’elle s’appelle Christelle Houndonougbo du bloc progressiste, bloc soutenant les actions du régime Talon, ou qu’elle se prénomme Falola Maroufath, responsable en charge des questions du genre du parti Union sociale libérale (USL), une formation politique de l’opposition, l’objectif à atteindre est qu’il y ait plus de femmes au parlement béninois à l’issu du scrutin législatif de 2019. « Nous devons atteindre 30% de représentativité au moins à la prochaine législature. Nous pouvons y arriver et nous comptons y arriver »,a lancé la députée Claudine Prudencio, présidente du parti Union pour le développement d’un Bénin nouveau (UDBN) lors de son 4ème congrès extraordinaire au cours duquel elle a décidé de se constituer en un bloc avec ses alliés politiques.

Il est de notoriété de tous que les responsables des partis politiques, jadis, évoquaient le manque de compétences féminines. Aujourd’hui dans ce milieu, ce problème a connu une résolution adéquate avec la formation, par des structures tant nationales qu’internationales, de ces femmes pour l’animation de la vie politique au Bénin.La question de la représentativité des femmes dans des instances décisionnelles est devenue une question cruciale et chaque dirigeant devrait s’atteler pour y parvenir. Et si rien n’est donc fait pour corriger le tir, le Bénin aura péniblement mal en présentant son tableau dans le cadre de l’atteinte de l’objectif N°5 des ODD.

Les efforts de ces femmes dans les différents états-majors des partis politiques prouvent, soutient Ibatou Sanni Glèlè, députée du Parti du renouveau démocratique (PRD), leur détermination à se faire représenter au parlement lors de la prochaine législature. « Notre combat est d’obtenir un meilleur positionnement pour cette élection. Et cet acte sera la résultante de nos efforts et surtout la démonstration de nos compétences dès à présent », a exhorté Alimatou Badarou, coordonnatrice du Bloc républicain dans la 15ème circonscription électorale. Mais malheureusement, ce défi ainsi lancé a buté la volonté, pour une nouvelle fois, des hommes politiques qui semblent ne pas être prêts pour une rivalité féminine au sein du parlement. Se fiant à la liste électorale des différentes formations politiques déposée à la Commission électorale nationale autonome (CENA), des femmes sont certes positionnées mais ce positionnement laisse à désirer. Mais malgré cela, elles comptent user de toutes leurs forces pour faire élire les femmes en lice afin d’atteindre l’objectif, celui de la présence de plus de femmes que la législature précédente.

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