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Benin : deux accords internationaux de crédit pour lutter contre l’érosion côtière

Le parlement béninois a autorisé, fin juillet, le président de la République à ratifier deux accords internationaux de crédit. D’une valeur de 19,085 milliards de FCFA, ils serviront à l’élaboration des dispositifs de protection des côtes béninoises menacées par l’érosion.

 Par Aurore Bonny

Il s’agit d’un financement double. Le premier est d’un montant de 2,585 milliards de FCFA. Il a été signé entre le Benin et le Fonds nordique de développement (FND) dans le cadre du Projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (Waca-Resip). Le deuxième, soit 16,5 milliards de FCFA a été conclu avec l’Association internationale de développement (Aid).

Objectif, améliorer la gestion des aléas naturels dans le littoral pour protéger les 125 kilomètres de côtes béninoises et sauver la vie de plus d’un tiers de la population menacé par le changement climatique. Dans la sous-région Ouest-africaine, les zones côtières représentent environ 42 % du Pib. Or selon la banque mondiale, chaque année, ce sont environ 500 000 personnes qui sont touchées par l’impact des inondations et l’aggravation de l’érosion des zones côtières ouest-africaines, avec des pertes économiques estimées à plus de 2 % du PIB.  Dans certaines parties, la mer a gagné entre 40 et 50 mètres. Selon la commission chargée des Finances et des échanges qui a présenté les deux dossiers en plénière, les exécutions profiteront aux communes de Grand-Popo, de Ouidah, d’Abomey-Calavi, de Cotonou, et de Sèmè-Podji dans les zones littorales, principalement menacées. Entre grand popo et la frontière togolaise par exemple, au total 23 kilomètres de côte perdent plusieurs mètres de terre chaque année.

Un combat commun

Le projet Waca-Bénin est financé par la banque mondiale. Il cadre avec la mise en œuvre du Plan d’investissement multisectoriel du Bénin harmonisé avec le Programme d’action du gouvernement, axes stratégiques n°6 et 7 du 3ème pilier visant l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour juguler ce phénomème, l’Etat peut ainsi compter sur des partenariats financiers.

Certains travaux d’urbanisation bien qu’insuffisants, selon les experts, ont déjà permis de ralentir l’avancée des eaux. Notamment l’installation des blocs de garanties en épis le long des côtes, la construction d’un mur de revêtement de la plage. Mais à en croire le ministre du cadre de vie et du développement durable José Tonato,«cette mauvaise passe sera aux oubliettes avec le crédit validé par le parlement», car celui-ci est selon lui,«suffisant pour le déploiement des ressources nécessaires à la protection des côtes nationales».

Pour rappel, le Conseil d’administration du groupe de la Banque mondiale avait déjà approuvé le 9 avril 2018, un montant d’environ 120 milliards de francs CFA pour aider le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, Sao Tomé & Principe, le Sénégal et le Togo à mettre en œuvre des mesures de lutte contre l’érosion côtière. Les pays accompagnés ont demandé une assistance technique afin d’identifier les principaux facteurs aggravant la vulnérabilité de la population, des écosystèmes, et du patrimoine le long des côtes, et les rendant particulièrement sensibles aux conséquences des pressions dues au climat et à l’homme.

Le projet appuyé par la Banque mondiale est conçu pour améliorer les moyens d’existence des communautés littorales de l’Afrique de l’Ouest en réduisant la vulnérabilité des zones côtières et en favorisant une gestion des côtes intégrée et résiliente au climat. La combinaison d’assistance technique et d’investissements prévue vise à préserver et restaurer les ressources naturelles du littoral, dont dépendent les moyens d’existence ; à encourager le développement économique et à accroître le bien-être social; et à soutenir le développement durable des principaux secteurs de croissance, notamment l’agroalimentaire, la pêche, la prospection et l’exploitation pétrolière en mer, et le tourisme.

Ce programme constitue également une plateforme de rencontre où les pays peuvent trouver le financement et l’expertise dont ils ont besoin pour gérer leur littoral de manière durable. Selon la banque mondiale, il sert également de forum au sein duquel les pays et les régions peuvent partager les leçons tirées de leurs expériences.

Légende : maisons ravagées par la mer sur la plage d’Agoué. (Crédit photo : Amevi Bertrand)

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