Bénin : l’opposition dans les rues pour des législatives inclusives

Des manifestants à Cotonou, ce lundi 11 mars 2019 © Beninwebtv

Bénin : l’opposition dans les rues pour des législatives inclusives

Les acteurs de la classe politique de l’opposition étaient dans les rues de Cotonou, la capitale économique du pays, hier lundi pour exiger les élections législatives inclusives. Quelques acteurs politiques qui soutiennent les actions du régime Talon étaient également à leurs côtés.

 

Par Josaphat Finogbé

« Pas d’élection sans l’opposition » ; « nous exigeons une élection législative inclusive » ; « nous exigeons l’abrogation du décret portant convocation du corps électoral pour le 28 avril prochain » ; « Nous demandons le retrait du quitus fiscal et du certificat de conformité des pièces à fournir pour la constitution du dossier de candidature à ces élections ». Ce sont entre autres, les slogans scandés ce lundi 11 mars par les acteurs de l’opposition qui ont envahi les rues de Cotonou. Partis du stade Mathieu Kérékou à Kouhounou, les manifestants ont longé la clôture de la communauté électrique du Bénin (CEB) pour échouer à la grande place historique de l’étoile rouge.

Selon les organisateurs, cette marche de protestation contre une élection qui exclut les partis de l’opposition a enregistré 100 mille manifestants. Mais selon les dirigeants, moins de 50 mille Béninois ont participé à cette marche annoncée pour 2 millions de personnes.

Une telle manifestation avait eu lieu le 5 mars dernier, à la suite de la publication par la Commission électorale nationale autonome (CENA), de la liste des partis politiques retenus pour cette compétition électorale. Suivant la déclaration d’Emmanuel Tiando, président de la CENA, seules les listes des partis Union progressiste (UP) et Bloc républicain (BR) sont à jour et à même d’aller à ces législatives d’avril 2019.

 Des manifestations en attendant la « solution magique »

Au lendemain de la publication des listes des partis politiques (seuls les partis appartenant au pouvoir en place Ndlr) qui vont participer aux élections législatives d’avril prochain, les responsables des partis politiques recalés par la CENA, l’institution en charge de l’organisation des élections dans le pays, ont saisi la Cour constitutionnelle comme l’exige la loi N°2018-031 portant code électoral en République du Bénin. La Cour constitutionnelle devant siéger et statuer en procédure d’urgence, les sept sages de cette cour se sont retrouvés hier lundi 5 mars pour examiner les différents dossiers. L’opposition qui avait été écartée pour faute de certificat de conformité (décision du 1er février 2019 de la Cour constitutionnelle Ndlr), n’entendent pas baisser les bras étant donné que sa rencontre du 25 février 2019 au Palais de la Marina avec le Président de la République, Patrice Talon, n’a accouché que d’une souris. Pour ces opposants, « tout est mis en œuvre non seulement pour les écarter de la course électorale, mais également de tuer, à petit feu, la démocratie chèrement acquise et au prix de lourds sacrifices des enfants du Bénin ».

Pancartes à la main, trompettes, gongs, tamtams, tout était donc au point pour une démonstration populaire face à un pouvoir qu’ils qualifient « d’exclusif ». Une chose qui ne leur garantit pas la confiance du Chef de l’Etat qui avait pourtant demandé à toute la classe politique de se retrouver en urgence pour trouver une solution à la crise pré-électorale qui s’observe dans le pays. « Allez trouver la solution magique pour inclure tout le monde dans le processus électoral », avait recommandé Patrice Talon, Président du Bénin au cours de sa rencontre avec la classe politique le mercredi 6 mars dernier. Mais en attendant cette « solution magique », les opposants programment une nouvelle manifestation dans les rues de Parakou, la partie septentrionale, le vendredi 15 mars prochain toujours pour les mêmes exigences.

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