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Benin : nouveau code électoral, disparition programmée des 60 députés du BMP ?

Après avoir été voté le mardi 07 Août 2018 par la commission des lois de l’Assemblée nationale, le nouveau code électoral s’apprête à être scellé par les députés. Seulement, les dispositions contenues dans le document constituent des obstacles à la réélection de plusieurs députés, alliés de Patrice Talon.

Par Habib N’OUENI

La lune de miel entre le président de la République, Patrice Talon, et les députés du bloc de la majorité parlementaire (BMP) semble tirer à sa fin. En effet, selon le code électoral en gestation, le député élu aux élections législatives ne peut valider son poste que si et seulement si son parti politique a pu recueillir au moins 15% des suffrages exprimés. Or, en 2015, le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) a pu glaner 10 sièges sur 83 grâce aux performances réalisées dans les 15ème, 19ème et 20ème circonscriptions électorales. Aujourd’hui, il est évident que les ‘’tchoco-tchoco’’ auront du mal à recueillir au moins 15% des suffrages qui seront exprimés sur le plan national. Ce qui stigmatise Adrien Houngbédji (président de l’Assemblée nationale et soutien du président de la république) et les cadres du PRD à ne plus siéger au sein de la mandature prochaine de l’Assemblée nationale. Toutefois, le PRD n’est pas le seul parti de la mouvance à se retrouver dans cette situation. Les partis et alliances de partis se retrouvant dans le BMP doivent, tous, réfléchir pour trouver au plus vite un subterfuge à cette proposition de loi, qui, les exclura certainement du parlement en 2019. D’abord, le Parti Social Démocrate (PSD) de Bruno Amoussou qui a adhéré à l’union fait la nation (UN), et qui a son fief dans les 11ème et 12ème circonscriptions électorales, n’a pas atteint le quorum des 15% qu’il faudra désormais avoir pour valider les sièges de ses militants. En témoigne sa performance de 03 députés obtenus sur 83 en 2015. Ainsi, rien ne garantit qu’à l’ère de la rupture, l’UN ne sera pas en deçà de sa performance de 2015. D’ailleurs, avec les derniers développements de l’actualité politique, tout le confirme. Ensuite, les anciens présidents de l’Assemblée nationale Antoine Kolawolé Idji et Mathurin Coffi Nago auront du plomb dans l’aile pour revenir à l’hémicycle. Et pour cause, le premier a été élu sur la liste du parti mouvement africain pour le développement et le progrès (MADEP), mais n’est plus actuellement en odeur de sainteté avec ce parti ; le deuxième a été élu sur la liste des forces démocratiques unies (FDU). Ces deux partis politiques n’ont pas pu, eux aussi, atteindre le score de 15% sur le plan national en 2015. Quant aux chances de ces partis d’atteindre ce score en 2019, cela relève d’une chimère, un véritable mirage. Enfin, d’autres députés appartenant au BMP, se retrouvent dans une position inconfortable que celle des ténors dudit bloc. Il s’agit entre autres de Rachidi Gbadamassi, Barthélémy Kassa, Dakpè Sossou. Avec les dispositions de la nouvelle loi en gestation, ces derniers seront visiblement mis à l’écart.

Des réflexions pour esquiver le projet de Talon ?

Les députés du BMP se concertent depuis le vendredi 10 Aout 2018 pour contourner Patrice Talon dans son entreprise. De sources ébruitées, il ressort que les députés alliés du président de la République entourent leurs négociations d’assez de discrétions. En effet, ceux-ci choisissent des endroits anodins pour partager leurs avis. Cependant, ces députés alliés du chef de l’Etat ont été lents à la détente, après avoir passé 29 mois à obéir au doigt et à l’œil du chantre du «nouveau départ». D’abord, les dispositions du nouveau code électoral en chantier, ne leurs sont pas favorables de retourner à l’Assemblée nationale et, dans le même temps, ils sont astreints de se faire positionner tête de liste sur la liste qui sera validée par la mouvance pour conserver leurs chances de rempiler. Par conséquent, les 60 alliés de Patrice Talon semblent ne pas avoir leurs places dans la prochaine mandature de l’Assemblée nationale.

Légende: Vue de l’hémicycle (Source photo: Twitter Assemblée nationale)

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