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Brazza, la résiliente : 60 ans déjà

La ville est fondée en 1880 sur l’emplacement du petit village de Mfoa. La ville a été partie prenante des soubresauts de l’histoire de l’AEF (Afrique Equatoriale Française). Elle entre davantage dans l’histoire en devenant la capitale de la France libre sous l’occupation française en 1940.

Par Marien Fauney Ngombe

Mais la force vive de cette ville réside dans ce que lui apporte ses habitants : les Brazzavillois. L’eau a coulé sous le pont centenaire depuis les travaux du sociologue Balandier sur les Brazzavilles noires. L’époque où Bacongo et Poto-poto étaient les faubourgs de la capitale. La première culminait à plus de 18 500 habitants contre 56 000 pour la seconde. Nous n’étions qu’alors au début des années 50. Depuis, les Brazzavillois sont bien plus nombreux et ont accompagné le peuple congolais vers son indépendance. Désormais, Brazza  affiche une population de deux millions d’habitants environ héritée de l’exode rural soutenu depuis des décennies.

A l’heure de faire un Etat des lieux, il est impérieux de penser d’abord à ces locuteurs de Lingala, kituba, Téké ou encore Lari qui tiennent le tissu social malgré les tristes événements qui ont émaillé la vie politique du Congo dont la capitale reste plus que jamais l’épicentre.

Brazza plie, mais ne rompt pas. Que dire des infrastructures de la capitale?

Brazzaville, c’est la tour Nambemba, la corniche et plus encore. C’est désormais Kintélé et les nouveaux tronçons de routes qui permettent de désengorger les quartiers périphériques. Brazza, c’est aussi l’énergie de cette jeune population qui ne fait plus de la fonction publique la rompe de lancement pour l’élévation sociale. C’est la jeunesse de la débrouillardise et de l’audace. Celle de l’esprit de l’entreprise au sens strict du mot. Celle qui, grâce notamment au leap frogging des NTIC, saura peut-être faire de la capitale un bassin de l’emploi. Mais Brazza ne pourra pas être le havre du bien vivre sans que la municipalité ne remplisse les missions qui sont les siennes.

A l’heure du bilan, il faut afficher une ambition pour impulser la volonté politique. Le Brazza sur le plan des missions qui incombent à la municipalité reste à améliorer.

Pour demain, il sera nécessaire de réhabiliter des transports en commun pour couvrir, dans les meilleures conditions tarifaires et de confort,  une ville désormais qui s’étend de Massengo à Nganga Lingolo. La société de transport public urbain (STPU) n’a pas comblé les attentes des Brazzavillois. L’appellation « mal à l’aise » donnée à ses bus en est la preuve. La nécessité de renouer avec un service de voirie comme ce fut le cas dans les années 1980 est aussi à inscrire sur le carnet de missions de la municipalité à venir. Trouver les moyens pour lutter contre l’insalubrité. Il faudra aussi rechanter la jeunesse brazzavilloise. Faire (re)découvrir la ville à la génération qui arrive. Repenser les excursions pour toutes les classes sociales. Renouer avec les week-ends au Djoué, les excursions à l’école de Peinture de Poto-Poto, faire découvrir les marchés d’artisans de Massissia.

La force de la capitale demeure dans sa société civile. Celle qui a réussi à créer un maillage d’associations d’entraide et autre mutuelles qui jouent un rôle dans la cohésion et dans l’intégration sociale. Brazzaville est résiliente. Plusieurs fois déchirée dans les esprits et détruite physiquement, elle se relève encore et encore.

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