Les députés burkinabés lors de l’adoption du nouveau code pénal ce vendredi 21 juin 2019 © leFaso.net/HA
Les députés burkinabés lors de l’adoption du nouveau code pénal ce vendredi 21 juin 2019 © leFaso.net/HA

L’Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté ce vendredi 21 juin 2019 un nouveau code pénal. Ce dernier restreint, selon l’Amnesty international et l’Association des journalistes burkinabés, les libertés d’expression et le droit du public de s’informer des politiques sécuritaires du régime en place. Ils dénoncent ainsi ce code et demandent aux dirigeants de le renvoyer pour une seconde lecture aux fins de corriger ces « anomalies ».

 

Par Daphney Gbètogbé

Cent-trois (103) députés sur cent vingt-sept (127) présents à l’hémicycle burkinabé ce vendredi 21 juin ont voté pour le nouveau code pénal du pays. Bien avant ce vote, trois (3) groupes parlementaires de l’opposition ont purement et simplement claqué la porte de l’Assemblée nationale lors du débat. Pour eux, il s’agit d’une concertation insuffisante.

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Selon le député Bernard Somé, « ce nouveau code pénal réprime la publication d’image des attaques contre les forces de défense et de sécurité et les victimes de crimes de terrorisme ainsi que es atteintes au moral des troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme ». Il assure tout de même qu’il s’agit de contrôler l’information pour éviter que celle-ci ne soit un instrument de propagande des terroristes. En cas de violation de cette disposition pénale, le mis en cause pourrait être condamné jusqu’à dix (10) ans de prison.

Un argument réfuté par l’Association des journalistes du pays. Dans ses propos, le secrétaire général de l’Association des journalistes du Burkina Faso, Guézouma Sanogo a dénoncé une « caporalisation de l’information relatives aux actes terroristes et un bâillonnement de la presse nationale ». « Le code pénal ne peut en aucun cas être utilisé pour criminaliser le travail d’information, d’intérêt public », a vivement soutenu Urbain Yaméogo, directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA).

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Cette loi pénale désormais adoptée, un utilisateur des réseaux sociaux, un journaliste ou un défenseur des droits de l’homme encourt les mêmes peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison juste parce qu’il aurait relayé une information liée aux opérations militaires. En somme, et à moins qu’il soit renvoyé pour une seconde lecture, le nouveau code pénal restreint les libertés d’expression et de presse et surtout le droit à l’information du citoyen burkinabé.

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