Le député Marcellin Ahonoukoun, président du groupe parlementaire Union progressiste (UP) à l’Assemblée nationale du Bénin © Koffi / H.A
Le député Marcellin Ahonoukoun, président du groupe parlementaire Union progressiste (UP) à l’Assemblée nationale du Bénin © Koffi / H.A

Après trois jours d’échanges, le dialogue politique national initié par le Président Patrice Talon, a pris fin ce samedi 12 octobre 2019 à Cotonou. Des recommandations faites par les délégués interpellent plus les députés. Pour la position de ceux-ci, Hémicycles d’Afrique a interrogé le député Marcellin Ahonoukoun, président du groupe parlementaire Union progressiste (UP) à l’Assemblée nationale du Bénin. Entretien.

 

Propos recueillis par Josaphat Finogbé

Hémicycles d’Afrique : Que retenez-vous des assises politiques nationales tenues du 10 au 12 octobre 2019 à Cotonou ?

Marcellin Ahonoukoun : Je retiens fondamentalement que les lignes ont bougé et deux camps qui n’arrivaient pas à s’entendre, s’entendent maintenant. Ces deux camps sont en fait des partis qui sont allés aux législatives et ceux qui n’ont pas pu y aller. Face donc aux remous sur le terrain, le Chef de l’Etat a décidé de rassembler ces acteurs autour d’une table afin qu’il y ait convergence d’idée pour que, plus jamais, ce qui s’est passé en avril dernier ne se reproduise.

Effectivement, lors de ses assises, les délégués des différents partis politiques ont réfléchi et ont fait sortir des recommandations. La nouvelle charte des partis politiques, le code électoral, ces deux textes qui ont conduit le pays dans cette situation de crise politique, ont été longuement débattus pour de nouvelles propositions d’articles afin de corriger ce qui fâche. Ce qui me réjouit et réjouit d’ailleurs tous les Béninois, c’est que ces acteurs politiques ont accepté le dialogue. Et tant qu’il y a dialogue, on peut donc s’entendre. Si les hommes se font la guerre, c’est juste parce qu’ils n’arrivent pas à dialoguer. De telles assises étaient donc nécessaires pour maintenir le climat de paix qu’a toujours connu le Bénin. Je salue donc à juste titre l’initiative du Chef de l’Etat qui a compris qu’on devrait faire de la devise du Bénin, une réalité.

H.A : D’aucuns qualifient ces assises de « monologue » puisque des acteurs de l’opposition ont été écartés. Qu’en dites-vous ?

M.A : S’ils qualifient ces assises de monologue, ils sont dans leur droit. C’est d’ailleurs la preuve de la vitalité de notre démocratie. Mais au fond, qui sont ceux-là ? Ces acteurs qui se sont retrouvés au sein des forces de la résistance résistent à quoi et à qui ? Je ne vois malheureusement pas. Ce sont des gens qui ont déjà géré ce pays pendant des années et nous avions tous assisté à leur mode de gestion des affaires de la cité. Le seul problème, c’est que ces acteurs ne sont pas dans la même logique de développement que le Chef de l’Etat, Patrice Talon. Ils disent ne pas être convoqués pour ces assises. Mais le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a été convoqué aux assises et a été présent même avec son secrétaire exécutif national et des membres du bureau exécutif. Le Chef de l’Etat a clairement martelé que seuls les partis politiques légalement constitués sont invités au dialogue. Je ne comprends alors pas pourquoi il y a toutes ses déclarations qualifiant même ces assisse de monologue. En un mot, ces acteurs politiques de la force de résistance ne font que la diversion. La démocratie béninoise veut certes une opposition, mais il faut que cela soit constructif.

H.A : Au cours des assises, des partis politiques ont proposé qu’il y ait une démission collective des députés de la 8ème législature. Seriez-vous prêt à le faire ?

M.A : (rire). Là, c’est de la pure diversion. Les députés ont-ils commis une faute grave ? Au contraire, ce sont ces acteurs qui ont fait une telle proposition qui devraient se reprocher des choses. Ils n’ont pas été à jour pour participer aux législatives d’avril 2019 et ils veulent se racheter en demandant une démission collective, ils ne sont pas sérieux. Les députés de cette législature sont quand même des Béninois et ont été élus dans leurs circonscriptions électorales respectives. Quand ils évoquent la légitimité, ça me fait marrer. Les textes ont été respectés dans l’organisation de ces élections législatives. Le scrutin s’est tenu et les militants de ma formation politique ont massivement voté pour moi dans ma circonscription électorale. En quoi vais-je démission pour satisfaire à des acteurs qui n’avaient pas pu se mettre à jour pour aller à cette compétition électorale. C’est donc un faux débat.

H.A : Qu’attendez-vous des recommandations issues de ces assises politiques ?

M.A : J’attends des recommandations ce que tout Béninois attend de la suite de ces recommandations. Que ces recommandations ne soient pas seulement limitées aux écrits et que leur mise en œuvre soit effective. Que les articles querellés soient véritablement touchés pour que vive l’esprit de ce dialogue politique. Ces textes sont ce qui nous divise depuis ce temps. Si donc ces articles sont retouchés de façon consensuelle, le problème sera définitivement résolu.

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