Plus de 400 élus locaux, experts et partenaires ont pris part au 38e congrès de l’Association internationale des maires francophones. Tenu à Lille du 5 au 7 novembre, la rencontre a entre autres permis d’échanger sur les initiatives locales qui portent les valeurs du sport en ville.

Par Prince Bafouolo, envoyé spécial

« Cette journée est placée sous le thème  Sports et démocratie dans les territoires francophones. L’occasion d’étudier comment le sport, sa pratique et ses valeurs, peuvent être une force pour nos villes, tant en matière de qualité de vie pour les habitants que de vivre-ensemble», déclarait Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente de l’AIMF, à l’ouverture des travaux. Pour ce faire, trois ateliers ont meublé ces assises. « Sport : diversité ou complémentarité », « sport, innovations et développement local », « villes et grands événements sportifs internationaux : risque ou opportunité ? ».

Des travaux en commission qui ont fortement ressorti l’avantage considérable du sport dans les villes et son apport dans la cohésion sociale, le développement et même dans la santé. Au Rwanda par exemple, La journée sans voiture « Car Free Day » lancée en 2016 pour sensibiliser au sport et à la prévention des maladies non transmissibles, a permis de réduire les accidents vasculaire cérébraux, et à réduire des problèmes de santé.

En Afrique du Sud, le programme « bridging divides » (Rassembler des divisions, Ndlr), utilise le basket pour rassembler les enfants et les communautés. Une évaluation du programme a montré que la majorité des participants exprimait moins de stéréotypes raciaux et de racisme que les enfants n’ayant pas participé au programme.

Pour le directeur communication et marketing de la Fédération Internationale du sport scolaire (FSI) « les grands évènements sportifs qui sont fédérateurs, ne représentent pas un risque mais bien au contraire, des opportunités ». Romain Fermon est notamment revenu sur le premier événement multisport mondial pour la jeunesse en Afrique. En Mai 2018, les Gymnasiase2018 ont réuni 3000 jeunes participants venus de 58 pays pour 17 disciplines. Un événement dont les retombées économiques ont été visibles pour les villes hôtes de Marrakech et de Casablanca. Les participants ont également évoqué les obstacles au développement du sport dans les pays en voie de développement. En effet, de manière générale, le développement du sport n’est pas considéré par les gouvernements de ces pays comme un impératif à incorporer dans le budget national. Si quelques pays ont fait l’effort de doter les villes d’infrastructures sportifs, il convient d’accompagner ces investissements par une politique sportive nationale pour mobiliser le maximum de personnes et permettre à ces infrastructures d’accueillir de plus en plus d’événements internationaux, et par conséquent de favoriser l’économie locale.

2,5 millions de subvention pour 20 projets

Au cours de sa 38 assemblée générale, l’AIMF a accueilli de nouveaux membres. Il s’agit entre autres des villes de Baalbek au Liban, Can Tho au Vietnam, Boké en Guinée, Tigzirt en Algérie. L’association a adopté son budget prévisionnel 2019, qui s’élève à 7 200 000 €.

Pour les deux prochaines années, l’Assemblée générale à renouveler sa confiance à la présidente Anne Hidalgo. Robert Beugré Mambé, gouverneur du district d’Abidjan, a été élu secrétaire général et la maire de Libreville, Rose Ossouka Raponda, a quant à elle été reconduite aux fonctions de trésorière. En parlant de projet, il sied de signaler que l’AIMF a attribué près de 2,5 millions d’euros de subvention pour 20 projets (14 nouveaux projets, 6 projets déjà engagés qui doivent se poursuivre). Ils seront mis en œuvre par 14 villes et bénéficieront à 7millions de personnes.

Au chapitre des récompenses, la tunisienne Azza Besbes, escrimeuse aux multiples médailles d’or, d’argent et de Bronze et la Rwandaise Félicité Rwemarika, fondatrice du réseau de football Rwandais et de l’association Akwos, ont reçu le prix de la femme francophone de l’année 2018. Décerné par Anne Hidalgo, ce prix vise à valoriser l’engagement des femmes, par le sport, pour le développement des territoires. « Le sport m’a inculqué des valeurs que l’école ne m’a pas appris : le respect des autres, le dépassement de soi, la détermination…grâce au sport on peut diminuer la délinquance » a martelé Azza Besbes qui a invité les participants à considérer le sport comme un véritable pilier de développement et pas seulement un passe-temps.

La dernière journée a été consacrée à la stratégie et aux partenariats entre différentes municipalités. A noter que le prochain congrès de l’Association internationale des maires francophones se tiendra à Phnom Penh au Cambodge.

Photo2: Anne Hidalgo remettant le pris à Azza Besbes, Félicité Rwemarika à gauche

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