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Interview : l’Association des communes de l’Atlantique et du Littoral du Bénin reprend du poil de la bête

Après plusieurs années de léthargie, l’Association des Communes de l’Atlantique et du Littoral (ACAL) du Bénin, se veut plus que jamais déterminer. Déterminée à redynamiser son action et accompagner efficacement les communes qui la compose. Déterminée aussi à faire rayonner le Bénin à l’international. Entretien avec Komi Sévérin d’ALMEIDA, adjoint au maire de Cotonou et président du bureau exécutif de l’ACAL.

 Propos recueillis par Candy Nzouna

Hémicycles d’Afrique : Vous sortez de Lille pour le 38è congrès de l’Association internationale des maires francophones (AIMF) et de la Guyane pour le congrès de l’Association des collectivités et communes d’Outre-mer de France. En quoi ces déplacements sont bénéfiques pour le Bénin ?

Komi Sévérin d’ALMEIDA : Nous avons reçu mandat, à travers notre plan annuel de travail de 2018 validé par l’Assemblée Générale, de travailler à accroître la visibilité et la crédibilité de l’Association et à favoriser l’ouverture de nos communes sur le monde.

C’est pour atteindre ces objectifs que nous avons participé au 38è Congrès de l’AIMF à Lille. Sur place, nous avons appris que Sports et Ville occupent une place importante et incontournable dans le développement local. Le partage édifiant des expériences du Rwanda et d’autres pays sur la corrélation entre Sports, Santé et Développement économique local ; pourra nous inspirer des idées de projet à porter au profit de nos villes et du bien-être des populations. A Cayenne dans la Guyane Française, nous avons eu le privilège de découvrir qu’au-delà des océans, les problématiques de la décentralisation et du développement local sont les mêmes sauf que les contextes sont différents. Nous nous sommes appropriés des approches de solution à travers les multiples ateliers et visites de terrain qui sont offerts aux participants. L’eau, la santé, l’éducation, l’environnement et le transfert des ressources sont au cœur de ces problématiques. Nous avons rendu visite au maire de Quetigny en France qui nous a rassuré de sa disponibilité d’aller en partenariat avec nous. Nous avons également participé au Festival des Solidarités organisé par le comité de jumelage de Quétigny où nous avons rencontré l’Association franco-béninoise Elezo avec laquelle nous comptons impacter les populations à travers des actions socio-économiques. Au-delà de notre Association, c’est le Bénin qui a été honoré.

H.A : Entre 2009 et 2016, l’Association a brillé par une léthargie, à quoi cela était-il dû ?

KSA : De 2006 à 2009 l’association s’est dotée d’un plan stratégique sur trois ans et d’un manuel de procédures. Ce qui n’a vraiment pas fonctionné, c’est au niveau de la mise en place d’une équipe administrative et des moyens financiers pour la mise en œuvre du plan stratégique. De 2009 à 20016, les intérêts politiques et la guerre de leadership ont vite fait de prendre le dessus et ont plombé les activités qui souffraient déjà d’une mise en œuvre effective. En 2017, nous avons pris conscience de l’utilité de cette Association dans le renforcement des capacités de nos communes dans leurs domaines de compétences.

H.A : Depuis juin 2017, les activités ont été relancées. Quelles sont vos ambitions à court, moyen et long terme ?

KSA : Notre souci premier a été de mettre progressivement en place le secrétariat permanent qui aujourd’hui est plus ou moins opérationnel. Nous voulons d’abord travailler pour que chaque commune à travers les élus, les agents de collectivité territoriale et les populations, s’approprie l’association comme outil de développement local et garantit les ressources propres nécessaires à son fonctionnement. Nous ambitionnons ensuite de porter des projets pour améliorer d’une part les prises en charge sanitaires des populations afin qu’elles soient en bonne santé pour contribuer au développement économique des localités et de la nation, et d’autre part la mobilisation des ressources propres locales des communes. Des documents de projet dans ses thématiques sont déjà en cours d’étude au niveau des partenaires techniques et financiers identifiés. Enfin, nous voulons renforcer notre partenariat avec les communes par la promotion de l’intercommunalité et la mise en place d’une diplomatie locale intensive afin de favoriser des accords de coopération entre nos villes et des villes du nord comme du Sud.

H.A : Dans un audit réalisé par l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) en 2017 sur les capacités matérielles, humaines et financières des associations régionales et départementales, il ressort que votre association, fait partie de celles qui ne disposent d’aucune capacité. Elle est même classée à l’état « germe ». Comment l’expliquez-vous ?

KSA : L’audit a été réalisé à un moment où l’association n’était plus fonctionnelle. La restitution des résultats de cet audit en mars 2017 a constitué un cri d’alerte pour le réveil des élus communaux et municipaux. Avec le soutien des communes, par la volonté politique des maires et des conseillers, nous sortons déjà de cette situation. Aujourd’hui nous disposons d’un siège physique où le secrétariat permanent est fonctionnel avec un personnel à taille réduite et qui va s’élargir avec le temps. Avec l’appui de l’Union Européenne, de l’ANCB et de l’AIMF à travers le projet PAACOL-BENIN, nous avons acquis quelques matériels informatiques qui vont permettre au personnel du secrétariat permanent d’être plus opérationnel. L’année prochaine, nous allons certainement quitter l’état germe et songer à disposer des outils de planification.

H.A : De façon concrète, comment votre association peut contribuer au développement local et bénéficier aux populations béninoises ?

KSA : La question ne se pose plus. Du moment où, nous accompagnons les communes à réussir leurs missions dans les domaines de compétences qui sont les leurs, nous devrons forcément contribuer à l’amélioration de la qualité des services essentiels aux populations. Elles resteront bénéficiaires directes de ces services qu’ils soient liés à l’eau, à la santé, à l’éducation, aux sports, au tourisme et autres.

   © ACAL

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