Hémicycles d'Afrique
A la Une Côte d'Ivoire Interview

[Interview] Sarah Fadika Sako: « Les femmes doivent avoir le courage d’investir le terrain politique »

Sarah  Fadika Sako, doyenne d’âge du sénat ivoirien a connu un  parcours atypique. Ancienne première vice-présidente de l’Assemblée nationale ivoirienne et actuelle vice-présidente du Sénat, cette militante politique nous retrace sa vie et les coulisses de son succès.

 

Propos recueillis et transcris par Yafolo de Zahana

 Hémicycles d’Afrique : Comment parvenir à ce niveau dans une société où la femme est souvent reléguée au second rang ?

 Sarah  Fadika Sako : Rien n’est  facile dans la vie.  Peu importe que l’on soit une femme ou un homme en politique, l’essentiel c’est de croire fermement en ses choix, aux valeurs prônées par le parti auquel l’on adhère librement. Le primordial, c’est  de ne jamais renier. C’est d’aller jusqu’au bout de ses convictions.

Certes, en Afrique, certains préjugés socio-culturels perdurent à l’encontre des femmes dans le domaine politique, mais, c’est à nous femmes de briser certains tabous, de s’engager résolument en politique, car la politique régit nos vies. Il importe plutôt qu’au lieu d’être des spectatrices, d’en être des actrices déterminées.

Pour  ma part, vous savez que je suis  originaire du nord-ouest de la Côte d’ivoire, une des régions les plus musulmanes du pays. Chez nous, l’éducation des femmes repose fondamentalement  sur la soumission. Et, lorsque je suis entrée en politique, ma première élection  en 2011, nous étions 9 candidats, 8 hommes et j’étais la seule femme. Et je les ai battus. En 2015, je n’étais plus la première vice-présidente de l’Assemblée nationale ivoirienne, pas  parce que j’ai démérité, mais il y a eu de nombreuses intriques.  Je suis très heureuse aujourd’hui d’être au Sénat surtout avec mon poste de vice-président.

 H.A : Quelle appréciation faites-vous de l’adoption de la loi sur le quota des femmes ?

F. S : Le vote de ce projet de loi d’émanation gouvernementale est lié à la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, quant à sa sensibilité à la cause du genre, donc de la femme. Je tiens ici à le remercier très vivement.

L’adoption par l’Assemblée nationale de cette loi est une avancée notable. Antérieurement, aucune loi n’existait pour cette problématique bien préoccupante. Mais désormais, elle permettra une meilleure inclusion des femmes au processus décisionnel. Les femmes constituent une puissante force mobilisatrice, un vivier électoral important. Si par le canal de la loi précitée, elles accèdent à la sphère décisionnelle, cela ne peut qu’être salué.

La loi sur la parité, nous y parviendrons. Ce n’est  qu’une question de temps, J’en suis certaine, nous sommes à l’œuvre. Au-delà de la loi, il faudra  s’assurer en permanence que ladite norme soit respectée dans les faits surtout au sein des partis politiques.

H.A : Quel regard portez-vous sur l’émancipation  des femmes ivoiriennes  en  politique ?

S.F.S : La génération montante de femmes ivoiriennes est de plus en plus intéressée à la chose politique. Les questions de développement, d’éducation, d’autonomisation, d’emploi sont au cœur des préoccupations de l’Ivoirienne d’aujourd’hui. Je demande aux jeunes ivoiriennes de se battre, d’investir le terrain politique et ne pas avoir peur.

CELA PEUT VOUS INTERESSER

Laisser un Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous pour recevoir des alertes de nos publications

Vos informations resteront confidentielles

Hémicycles d'Afrique

GRATUIT
VOIR