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MALI : Une loi pour revaloriser le personnel enseignant

L’assemblée nationale du Mali a adopté la loi portant statut autonome du personnel de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire spéciale. L’aboutissement d’un combat mené par les différents syndicats de l’enseignement du pays. Pour comprendre ce qui change avec ce nouveau statut, Hémicycles d’Afrique a rencontré Adama Fomba, le porte-parole du collectif de ces syndicats dit « syndicats signataires de l’éducation du 15 octobre 2016 ».

 

Hémicycles d’Afrique : La nouvelle loi est censée améliorer la vie du personnel enseignant au Mali. Les enseignants étaient-ils mal traités avant ?

Adama Fomba: Effectivement. Il suffit de voir comment vivent les enseignants. Au point de vue salariale, ils n’étaient pas du tout dans les conditions adéquates. Pourtant les enseignants sont présents même dans les zones où l’armée malienne n’est pas déployée. C’est bien pour cela que nous avons demandé un traitement spécial, pour mettre les enseignants dans les conditions minimums. Ce statut peut nous permettre de donner un espoir aux enseignants sachant que leurs conditions de vie seront améliorées au fur et mesure.

 HA : Certains enseignants pensent que plusieurs points n’ont pas été pris en compte par le nouveau statut. Qu’en pensez-vous ?

H.F: Le statut prend en compte les aspects les plus nécessaires. Il est accompagné d’une grille salariale différente de la grille annexée à la grille du statut général. Sur la grille du statut général, par exemple, dans la catégorie A, l’indice était à 920. Avec le nouveau statut, on passe à 1060. Il s’agit d’une petite amélioration c’est vrai. Mais le fait de se détacher du statut général et d’avoir un statut autonome, donne de l’espoir aux enseignants. Cela nous permettra chaque année d’améliorer les conditions de vie des enseignants. Effectivement, il y’a des points qui ne sont pas pris en compte. Les primes de documentation et de responsabilité par exemple. Elles doivent faire l’objet d’un décret pour que les enseignants puissent en bénéficier. Ceci dit c’est un début. Et c’est un espoir qui s’offre à nous.

HA : Mis à part le salaire qui augmentera, qu’est-ce que le nouveau statut vous apporte?

A.F : Le nouveau statut prend en compte la carrière même de l’enseignant. On parle de la hiérarchisation, des avancements des enseignants. Tous les corps sont pris en compte. Le corps des professeurs de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental, de l’enseignement préscolaire spécial, les congés etc.… Tout est précis dans ce nouveau statut

HA : Pour réclamer ce statut, vous aviez paralysé l’année scolaire pendant trois mois. Avec ce nouveau statut, finies les grèves ?

A.F : Nous pouvons dire que vu la dynamique sur laquelle s’engage l’Etat, il n’y aura pas de mouvements pendant le reste de l’année scolaire 2017-2018. Mais on ne peut pas donner d’indications pour l’année scolaire à venir par rapport à cela. Il y a d’autres points de revendication sur la table du gouvernement. Tout ce que nous demandons pour qu’il n’y ait pas de mouvements, c’est que l’Etat discute avec les syndicats. C’est la rupture du dialogue qui emmène les mouvements. La balle est dans le camp du gouvernement.

Propos recueillis à Bamako par Nouhoum Kane

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