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Mali : Une unanimité « étonnante » autour de la prorogation du mandat des députés

Soumaila Cissé, député, président de l’URD et Chef de file de l’opposition politique malienne © Rfi / HA

Des Maliens sous le choc de l’entente soudaine et spontanée  constatée entre les députés de la mouvance présidentielle et de l’opposition au sein de l’hémicycle en fin de semaine écoulée. Au moment où ces mandants attendaient l’opposition quant au rejet de la loi sur la prorogation du mandat des députés, ces derniers ont fait un revirement spectaculaire en s’abstenant lors du vote.

 

Par Josaphat Finogbé

Un vote unanime et sans grande contestation. C’est le résultat de l’attitude des parlementaires maliens ce 27 juin 2019 à l’Assemblée nationale. Dans le respect de la décision du gouvernement en place, ces élus du peuple ont adopté, 123 voix pour, 0 contre et 19 abstentions, la loi sur la prorogation de leur mandat législatif.

Ce vote favorable permettra à ces parlementaires de siéger jusqu’au 2 mai 2020 après une première prorogation de six (6) mois. L’étonnante surprise, c’est le vote du chef de file de l’opposition qui s’est abstenu alors qu’il affichait partout dans les médias son opposition à cette décision de prorogation. Pour lui, le gouvernement se cache derrière un alibi pour ne pas doter le pays d’un nouveau parlement. Le député Soumaila Cissé, président du parti URD, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est toujours opposé sans pour autant démissionner ni de son poste, ni de l’Assemblée nationale.

En plus de Soumi-champion, il y a eu beaucoup d’autres formations politiques qui montraient leur opposition à cette loi. Mais le jour du vote, l’ADP-Maliba et les autres ont agi contrairement à ce qu’ils défendaient depuis quelques mois. Le seul député que d’aucuns qualifient de « courageux » a été Oumar Mariko qui avait suspendu sa participation aux travaux à l’hémicycle jusqu’à la tenue des congrès de son parti SADI. Ceci, lors de la première prorogation de leur mandat.

Cette entente soudaine fait dire à certains Maliens que les députés n’ont visé que leurs intérêts en s’accrochant à leur poste pour toujours bénéficier des avantages liés à leur position. Mais loin de ces idées distillées dans l’opinion publique, le gouvernement argue que cette décision revêt  « le caractère de force majeure des difficultés entravant le respect scrupuleux des dispositions constitutionnelles et législatives et la nécessité d’assurer le fonctionnement régulier de l’Assemblée nationale ».

Certains observateurs de la vie sociopolitique du pays estiment que le gouvernement pourrait ne plus être à la hauteur de cette mission s’il n’envisage pas de prendre des mesures draconiennes. Au même moment, certains Maliens confient à Hémicycles d’Afrique que «  l’hypothèse de démission des députés de l’opposition et surtout de son chef de file n’est du tout pas exclu ». Pour eux, ce sera vraiment un signe de protestation et de démonstration de leur engagement politique au côté du peuple. Le feront-ils vraiment ? Wait and see.

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