Le député Biram Dah Abeid, candidat à la présidentielle du 22 juin 2019 lors de son meeting de campagne à Nouakchott © HA

En course pour la présidentielle du 22 juin prochain, le député mauritanien Biram Dah Abeid s’engage à défendre tous les citoyens vulnérables de son pays, quelles que soient leurs couches sociales. Une fois élu président de la République, il entend instaurer une démocratie plurielle basée sur le respect de la liberté humaine et les droits de l’homme. Zoom sur celui que l’on surnomme en Mauritanie, le candidat du peuple.

 

Par Daphney Gbètogbé

« C’est le régime du président sortant Abdel Ould Aziz qui consacre la discrimination en procédant, chaque semaine, à la nomination dans les hautes fonctions des personnes issues d’une seule ethnie. C’est ce même régime qui a instauré la gabegie qui a tout le temps miné le pays pendant des décennies ». C’est  Biram Dah Abeid, qui l’a déclaré vendredi dernier devant une foule immense lors d’un meeting à Nouakchott.

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Surnommé « le candidat du peuple », Biram Dah Abeid dit vouloir mener une bataille farouche et sans merci contre la marginalisation et les « mauvaises » politiques économiques instaurées par l’actuel régime. « Ma première priorités sera d’abord des assises nationales pour poser les fondements du règlement des grandes questions comme le génocide qui a endeuillé  les noirs de Mauritanie mais aussi l’esclavage qui continue à broyer 20% des Mauritaniens issus de la communauté harratine. La deuxième priorité c’est l’audit de l’état. Un état qui a été violé et pillé depuis plusieurs décennies » a déclaré le candidat chez nos confrères de Radio France Internationale.

Pour Biram Dah Abeid, il est impérieux de distinguer la Mauritanie de l’élite politique raciste qui s’isole et la Mauritanie du peuple qu’il représente et qui le portera au pouvoir au soir du scrutin présidentiel. Candidat malheureux à la présidentielle de 2014 (8,67% des suffrages), ce militant des droits de l’homme veut y croire cette fois-ci.

 Biram Abeid, engagé pour la défense des droits de l’homme

Né le 12 janvier 1965 à Rosso, en Mauritanie, Biram Ould Dah Ould Abeid est Issu de la communauté harratine (descendants d’anciens esclaves), député et un militant des droits de l’homme engagé dans la lutte contre l’esclavage dans son pays. Déterminé à développer son idée et mener à bien sa vision politique, le député Biram fonde en 2008 l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA). Premier enfant de sa famille à être scolarisé, Biram Dah Abeid a consacré sa thèse à l’esclavage, une pratique interdite, sans peine assortie, depuis 1981 mais toujours répandue dans le pays.

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En février 2011, après une condamnation à une peine de prison il a été gracié par le président Mohamed Ould Aziz. Un an plus tard, au cours d’une manifestation à Nouakchott, Biram Dah Abeid avait encore fait parler de lui en brûlant les textes de droit de l’école malikite, une des écoles du droit mauritanien qui, selon lui, encourage la pratique de l’esclavage.

Un combat politico-social qui lui a permis de recevoir, en 2013, le Front Line Awards for Human Rights Defenders at Risk de l’ONG irlandaise Front Line Defender. La même année il recevait le Prix des droits de l’homme, décerné tous les cinq (5) ans par l’Organisation des nations unies à des personnes ou associations ayant œuvré pour la défense des droits de l’homme. A son tableau d’honneur, est aussi accroché le prix Mémoires partagées lui décerné en 2017 par l’Association Mémoires et partages. Pour ses mêmes combats, le « candidat du peuple » a obtenu, le 4 février 2019, le titre honorifique de Docteur honoris causa de la plus ancienne université d’Europe à Leuven (Belgique).

Elu député en Octobre dernier alors qu’il croupissait en prison (il a été libéré fin décembre 2018), Biram Dah Abeid est face à cinq candidats dont le dauphin de l’actuel Président qui ne se représente pas conformément à la Constitution.

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Issu de la communauté harratine (descendants d’anciens esclaves), le député Biram Dah Abeid jouit d’une grande popularité en Mauritanie. Suffisant pour le porter à la tête du pays ?  What and see.

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