Le siège de l’Assemblée nationale du Nigéria à Abudja © Nass/HA
Le siège de l’Assemblée nationale du Nigéria à Abudja © Nass/HA

La direction de l’information du parlement nigérian a rendu public une décision approuvée par l’Assemblée nationale et qui recadre la délivrance des accréditations aux journalistes. Dans cette décision, de nouvelles directives ont été annoncées. Les différentes organisations de presse dans le pays ont montré leur désapprobation mais le parlement compte bien poursuivre avec ces nouvelles mesures.

 

Par Josaphat Finogbé

Dans sa déclaration adressée aux patrons de presse du Nigéria, le directeur de l’information de l’Assemblée nationale, Emmanuel Agada Rwalings, a clairement attiré l’attention de ces acteurs de l’approbation, par la direction de l’Assemblée nationale, de nouvelles directives pour l’accréditation des journalistes correspondants qui couvrent les activités parlementaires.

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Avec ces nouvelles mesures, déclare le directeur de l’information, « toutes les accréditations précédemment accordées aux journalistes couvrant l’Assemblée nationale, seront caduques à la dissolution de la 8ème législature de l’Assemblée nationale ». « En conséquence, nous invitons donc tous les journalistes/correspondants parlementaires à mener les démarches nécessaires afin d’obtenir la nouvelle accréditation avant le début de la 9ème législature qui s’installe le 11 juin prochain », a martelé Emmanuel Agada Rwalings.

Ces nouvelles lignes directrices, selon la direction de l’information de l’Assemblée nationale sont la preuve du certificat de constitution de l’organisation des médias ; la preuve de l’adhésion de l’organe dans des organismes professionnels ; la preuve de l’adhésion du journaliste/correspondant à L’Union des journalistes nigérians (NUJ) avec son numéro d’enregistrement. Aussi, l’organe doit-il fournir le numéro du dépôt légal à la Bibliothèque nationale ; la preuve de sa représentation à Abudja avec un bureau d’au moins cinq (5) journalistes ;  l’écoulement de 40 000 exemplaires pour la presse écrite avec preuve à l’appui. Tous les médias en ligne doivent avoir au moins 5 000 visiteurs par jour, le site doit avoir été en service pendant 5 ans et fournir une preuve satisfaisante à cet effet avec des extraits de nouvelles publiées, en particulier des nouvelles parlementaires.

Les nouvelles directives recommandent aussi que les entreprises de médias doivent être des quotidiens paraissant régulièrement et une actualisation des pages en week-end pour les presses en ligne. Dans ces réformes, la direction de l’information de l’Assemblée nationale annonce que l’organe de presse concerné doit d’abord couvrir les procédures parlementaires pour au moins deux (2) ans avant de demander une accréditation permanente. Tout organisation ou entreprise de presse soumettra une copie de sa déclaration d’impôt sur le revenu pour les deux dernières années. Pour tous les journalistes indépendants qui recherchent une accréditation permanente, ils doivent présenter une preuve de pas moins de 5 ans de couverture de la procédure de l’Assemblée nationale / pleine ligne éditoriale et la publication sur le reportage parlementaire. Les télévisions, quant à elles, doivent d’abord couvrir le territoire national avec des programmes en cours d’exécution au parlement. Ces chaînes seront autorisées pour la couverture des activités de la Chambres basse et du Sénat de manière permanente. Toutefois, toute équipe de production sera accréditée en tant qu’entité. Ce n’est donc qu’à la fin de ces nouvelles procédures respectées que le journaliste/correspondant se fera délivrer une carte d’accréditation à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Vives contestations des organisations de la presse

Cette décision de la direction de l’information de l’Assemblée nationale n’a pas laissé indifférentes les organisations de la presse au Nigéria. Ces dernières ont vivement condamné cette mesure qu’ils qualifient d’ailleurs de « rétrograde et d’une autre époque ».  Non seulement l’Association des éditeurs de Presse du Nigéria (NGE) qualifie cette décision de draconienne, mais elle ajoute qu’elle est « primitive, antidémocratique et anti-presse ».

Dans une déclaration lue par son secrétaire général, Mary Atolagbé, la  NGE affirme « qu’il s’agit tout simplement d’une tentative calomnieuse de museler la presse dans une nation pourtant démocratique ». « Ce n’est qu’une mesure vexatoire et draconienne », a-t-elle ajouté. Plus loin, la Guilde soutient que « ces lignes directrices sont contraires aux grains de la raison, les idéaux démocratiques et ils sont un affront clair à la lettre et à l’esprit de la Constitution nigériane, qui permet aux journalistes d’exercer librement leur profession sans gag, musellement et restriction ».

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Le Réseau des éditeurs nigérians en ligne (NENOP), dans une déclaration rendue publique par son président national, Moji Danisa, a rejeté ces directives de la direction de l’information, les décrivant d’incrédule, vexatoire et au mépris total de la noble profession de journalisme. « Nous croyons que le plan de l’Assemblée nationale en définissant ces nouvelles lignes directrices, est de s’aliéner et envelopper ses activités dans le secret », a dénoncé le NENOP.

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