Les membres du bureau de vote lors des élections locales et municipales au Togo © africanews
Les membres du bureau de vote lors des élections locales et municipales au Togo © africanews

1 527 conseillers municipaux seront élus à terme. 117 communes seront pourvues. Exit donc les délégations spéciales en place depuis 2001. Ainsi, pour la première fois depuis environ trente-deux ans, les Togolais se sont rendus aux urnes pour des élections municipales. Un scrutin au terme duquel, l’organisation locale du pays se redessine ainsi en vertu des dispositions constitutionnelles indiquant que la République Togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de la décentralisation dans le respect de l’unité nationale. Mais également en termes de satisfaction de toutes exigences de gouvernance démocratique dictées par le peuple togolais et les engagements internationaux pris par le Togo.

 

Par autogo.tg

A l’affichage des premiers résultats, UNIR le parti au pouvoir reste maître du terrain politique avec plus de la moitié des conseillers municipaux élus. Pour ces premières élections auxquelles elle participe en tant que bloc politique, la C14 ou du moins ce qu’il en reste, s’en sort bien avec près de 150 conseillers. Pareil pour l’ANC de Jean-Pierre Fabre qui obtient le même score bien qu’il ait participé aux joutes électorales en solitaire. Le NET et d’autres petits partis marquent également leur présence avec un nombre non négligeable de conseillers. Pour sa part, l’UFC, principal parti d’opposition, semble bien connaître un recul car occupant la quatrième loge. Elle qui était par le passé la deuxième force politique du pays.

Elle n’était pas loin l’époque où le pays était considéré et traité par la presse internationale comme une dictature. A tort ! Et bien en dépit des progrès et des avancées réalisés en si peu de temps sur le plan social et de la gouvernance économique. Mais en une année, le Togo a fait des bons qualitatifs et positifs en matière de démocratisation au point de s’en imposer comme un modèle dans la sous-région. Et l’organisation des élections municipales du dimanche 30 juin 2019 est une des clés de voûte de ce long et encourageant processus de modernité démocratique signifiée dans l’Accord Politique Global (APG) depuis 2006.

Faire passer la prise de décision du haut vers le bas. Donner plus de pouvoir au local sans réduire forcément le central. Effective désormais par la bonne tenue de ces élections, la décentralisation au Togo s’inscrit dans une volonté de générer un développement local égalitaire. Une avancée dans l’organisation de l’État. Puisque à terme, il s’agit de la prise de décisions à la base avec une fluidité dans leur mise en œuvre en s’affranchissant des lourdeurs de la machinerie administrative centrale. Ainsi, 117 municipalités gagneront en autonomie financière avec le transfert progressif par l’État de compétences. Des collectivités locales responsables et non plus sous tutelle qui seront chargées de planifier et de promouvoir le développement local. Un progrès majeur qui s’ajoute aux autres.

20 décembre 2018 : le peuple togolais renouvelait son Assemblée Nationale en dépit du boycott de certains partis d’opposition. Malgré la crainte de violences, le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité avec un taux de participation au-dessus de la moyenne. Et ce, conformément aux orientations de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO le 31 juillet 2018. Preuve de l’ouverture du pays et de son envie de s’inscrire dans l’avenir. Installée, cette nouvelle et sixième mandature a opéré l’une des réformes politiques les plus attendues : la limitation du mandat présidentiel pour un mandat de cinq (05) ans renouvelable une seule fois, le scrutin uninominal majoritaire à deux (02) tours (contre un), un nouveau mode de désignation des membres de la Cour Constitutionnelle…

En une année, le Togo s’est montré capable de réaliser des exploits et de faire pâlir d’envie. Pas que des réformes économiques mais aussi constitutionnelles et politiques mettant ainsi fin à deux années de crises, restaurant un climat politique et social globalement apaisé. “Je le dis et je le répète, si le Togo poursuit sur cette voie, il deviendra un modèle démocratique pour l’Afrique”, avait prédit en 2015, Volker Berresheim, à l’époque ambassadeur d’Allemagne au Togo. C’est le cas. Le Togo vient de loin et va loin.

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