John Aladina, Analyste Indépendant de la RD Congo, strategic center © HA
John Aladina, Analyste Indépendant de la RD Congo, strategic center © HA

Les dispositions pertinentes relatives à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du Gouvernement, au nombre et à la durée des mandats du Président de la République, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

 

John Aladina, Analyste Indépendant /strategic center

La vie politique d’une nation est faite des hauts et des bas. Après environs 59 ans de longue labeur, la RD Congo a fait un pas de géant en assistant, pour la toute première fois de son histoire politique, à la passation, d’une manière civilisée et particulière, des pouvoirs au haut sommet de l’Etat. Au cours de cette passation de pouvoirs historique, nous avons vu un Jeune Président sortant, Joseph Kabila Kabange, transférer les pouvoirs d’Etat à un autre Jeune Président entrant, Felix Antoine Tshisekedi, les emblèmes des pouvoirs d’Etat, sans qu’il y ait eu des morts d’hommes ni des coups d’Etats. Ce  contrairement à ce qui se passait au cours des dernières passations des pouvoirs en République Démocratique du Congo depuis les années 1960. Cette avancée spectaculaire de la démocratie politique dans notre pays doit être préservée et protégée par nous tous, quelles que soient nos tendances politiques différentes et temporaires du moment.

C’est pour ces motifs de protection intégrale de notre jeune démocratie que j’invite tous les Congolais, épris de paix et qui ont encore leurs têtes bien en place, de refuser catégoriquement et avec énergie d’exécuter la proposition malicieuse de certains compatriotes, sans qu’il soit besoin de les nommer, proposition consistant en la modification du mode d’élection du Président de la République.

De passer du mode de scrutin direct (Article 70. Constitution) pour le remplacer par le mode de scrutin indirect. Il s’agit ni plus ni moins d’une très grande régression politique que les Congolais ne doivent jamais accepter. Alors qu’elle se murmurait encore au sein de l’ex parti au pouvoir il n’y a pas si longtemps, toute la population congolaise y avait catégoriquement répondu par un « NIET » indiscutable et avait refusé d’accepter cette malicieuse proposition. Y revenir encore aujourd’hui révolte mon intelligence et me fait croire que certains compatriotes pensent qu’ils sont les seuls à être capables de monter des stratégies contre tous les Congolais comme si les intelligences ne se retrouvaient qu’avec eux. Si cette lecture malheureuse est vraie, alors cela s’interprèterait comme une insulte faite à la communauté nationale et aux intelligences congolaises dans leur ensemble.

Consultons ensemble les prescrits de la constitution

Pour stabiliser notre « espace géographique », la République Démocratique du Congo, avec ses 2.345.410 km2 de superficie contre les aléas d’une in-sécurisation régulière et continuelle depuis notre accession à l’indépendance politique en 1960, les Congolais ont décidé, collectivement, de se doter d’une Constitution qui permet la mise en place des politiques de développement dans un environnement stable de manière à assurer la mise en place des politiques soutenables qui atteindraient cet objectif de développement. Pour y arriver, ils ont pris entre autres les engagements suivants (repris expressément dans le préambule de notre Constitution), avec une attention très particulière orientée par leur volonté commune de créer un Etat de droit fondé sur une véritable démocratie.

Dans son Préambule, la Constitution de la République Démocratique du Congo réaffirme le principe démocratique selon lequel « tout pouvoir émane du peuple en tant que souverain primaire [Article 5] ». Ce peuple s’exprime dans le pluralisme politique garanti par la Constitution [Article 6] qui érige, en infraction de haute trahison, l’institution d’un parti unique [Article 7]. C’est pourquoi, « non seulement le mandat du Président de la République d’une durée de cinq ans n’est renouvelable qu’une seule fois » [Article 70], mais aussi, que le Président de la République exerce ses prérogatives de garant de la Constitution, de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale, du respect des accords et traités internationaux ainsi que celles de régulateur et d’arbitre du fonctionnement normal des institutions de la République avec l’implication du Gouvernement sous contrôle du Parlement [Article 69].

« Et pour préserver tous les principes démocratiques contenus dans la présente Constitution Congolaise contre les aléas de la vie politique et les révisions intempestives » de certains leaders politiques qui souhaiteraient personnaliser les prescrits de notre Constitution, les dispositions pertinentes relatives à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du Gouvernement, au nombre et à la durée des mandats du Président de la République, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle [Article 220].

Pourquoi le rejet ?

Ce rappel des pertinentes dispositions de notre Constitution donne droit à tous les Congolais de rejeter toutes propositions qui viendraient d’un quelconque groupe d’individus ou de Congolais qui envisagerait de modifier intempestivement les dispositions de la présente Constitution. Eux dont l’unique motif est d’assouvir les besoins égoïstes de certains d’entre nous qui souhaiteraient la rendre liée aux individus alors qu’elles doivent rester toutes très particulièrement impersonnelles.

Ce sont ces motifs de modifications intempestives et de personnalisation des dispositions de la Constitution qu’il convient de rejeter, sans aucune autre forme de procès. De ce nombre, il y a le motif lié au « critère coûts élevés » à l’occasion de l’organisation des élections présidentielles. Nous proposer de changer le mode scrutin direct  d’élection du Président de la République pour que désormais nous puissions élire le Chef de l’Etat en utilisant le mode de scrutin indirect ? Cette proposition, non seulement qu’elle est tendancieuse et biaisée, mais qu’elle est créatrice des conditions de tricherie à grande échelle par l’utilisation régulière de la corruption comme levier.

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