Le député Bobi Wine à la conquête du fauteuil présidentiel © Auroville Radio / HA
Le député Bobi Wine à la conquête du fauteuil présidentiel © Auroville Radio / HA

Robert Kyagulanyi Ssentamu alias Bobi Wine, le reggae man et député a annoncé sa candidature à la présidentielle ougandaise qui se tiendra en 2021. Quelques points importants marquent l’existence du fervent défenseur des droits de l’homme, l’espoir des ghettos d’Ouganda et principal opposant de Yoweri Musseveni.

 

Par Aurore Bonny 

Parmi les multiples voix qui se liguent contre une trentaine d’années de pouvoir et les violations des droits humains, s’élève celle de Bobi Wine. En lui, même les sans voix trouvent un porte-parole. Il a d’ailleurs annoncé qu’il défiera l’actuel Chef d’Etat en 2021 au nom de toutes ces voix. Quoique que celui qu’il challenge ne se soit pas encore prononcé sur sa candidature.

Avant de faire son entrée en politique, Robert a marqué l’univers musical de son pays et s’est forgé la réputation d’artiste engagé. D’après lui, il doit son succès à sa musique. Laquelle constitue également son « principal moyen de communication ». Il a évolué avec divers styles musicaux tels que le reggae, le dance hall et l’afrobeat depuis 1999. Il a remporté de nombreux prix prestigieux à l’échelle nationale, continentale et internationale. Plusieurs films locaux ont également bénéficié de sa présence en tant qu’acteur.

Un Représentant du ghetto

Agé de 37 ans, le député Kyagulanyi s’est toujours préoccupé, depuis bien longtemps, des conditions dans lesquelles vivent ses compatriotes et ce dans un régime qu’il trouve abusif et dictatorial. L’époux et père de 4 enfants se défini comme « un simple citoyen du monde né et élevé dans le plus grand bidonville d’Ouganda, le ghetto de Kamwokya ». Grandir « parmi les plus pauvres d’Ouganda » confrontés aux « pires violations des droits de l’homme » dans son pays, il a semé en lui la passion de lutter pour la liberté. Laquelle constitue son idéologie.

Bobi Wine s’est engagé à défendre cette liberté en intégrant l’Assemblée nationale Ougandaise au sein du « power people », un regroupement de plus de 30 députés issus de divers partis politiques et même celui du pouvoir en place. Il a remporté les législatives de 2017 dans la circonscription électorale de Kyaddondo East dans le district de Wakiso, dans la région centrale de l’Ouganda   en surpassant des opposants présents bien longtemps avant lui, entre autres le premier d’entre eux : Kizza Besigye.

Dans une interview accordée à la presse internationale, Ssentamu a confié que son ambition de départ était de se rendre au parlement et de dire la vérité face aux politiciens. Mais à la suite de cet objectif, il a été incité à défier celui qu’il appelle le « vieil homme » à la tête de l’État.

Le légiste ougandais est enthousiaste quant à la défaite de Musseveni. Lequel selon lui, aurait usé de son pouvoir pour corrompre sans succès les populations face à lui lors des dernières législatives. L’artiste député aspire à la restauration de la démocratie et l’Etat de droit. Il a fermement défendu la taxe controversée sur les réseaux sociaux et la réforme constitutionnelle supprimant la limite d’âge pour présenter une candidature à la présidentielle. Laquelle est de 75 ans. Age qu’aura l’actuel Président l’année prochaine.

Bobi Wine, la bête noire !

A peine trois ans depuis son entrée politique, le reggae man a bousculé les lignes de son pays. Les ennuis n’ont cessé de lui coller à la peau. Il n’est certes pas le seul député d’Ouganda, mais il subit des actes qui décourageraient plus d’un. La particularité de son cas réside, selon lui, dans sa volonté de devenir Président de la république et le fait de défier son principal adversaire.

Il a plusieurs fois été emprisonné et torturé pour ses prises de positions et actions pour contrer un pouvoir qui s’éternise. Il pèse sur lui des accusations de trouble à l’ordre public et même de trahison suite à un jet de pierres sur le convoi du Président Yoweri Museveni. Il rapporte également qu’une centaine de ses concerts ont été interdits.

Malgré tout, plusieurs observateurs jugent qu’il a toutes les chances de réussir car il a su mobiliser l’opinion publique et il est l’espoir des démunis et porte-parole d’un ghetto dont il revendique l’appartenance. Même hors de sa ville natale et dans d’autres contrées ougandaises, les populations lui font confiance.

D’aucuns trouvent que s’allier à de divers fronts politiques comme il le fait est la méthode adéquate pour éclabousser l’étang sur lequel navigue le Président Musseveni et le faire sortir du bateau.

En effet le jeune élu n’est pas seul. Ses arrestations ont toujours fait réagir d’importantes personnalités dans son pays et très souvent aux Etats-Unis. Le chef d’Etat américain n’a souvent pas manqué de rappeler aux autorités ougandaises de faire preuve de professionnalisme envers Bobi Wine. Le chanteur a aussi récemment reçu le Prix humanitaire international de la part du révérend Jesse Jackson, un défenseur du mouvement pour les droits civils aux États-Unis d’Amérique.

Son parcours de deux ans en politique n’est pas un long fleuve tranquille. Et pourtant il reste ferme et plus que jamais déterminé à arracher le fauteuil présidentiel et « faire des ghettos de meilleurs lieux de vie » à partir de 2021.

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