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Portrait : Bénéwendé Stanislas Sankara, quand la conviction nourrit la détermination

Sankara Bénéwendé Stanislas, son nom à l’Etat civil, avocat de profession, maitre Sankara comme on l’appelle couramment, est né le 23 février 1959. A l’hémicycle depuis 2002, il est l’actuel vice-président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso. Portrait d’un politicien déterminé, aux valeurs sankaristes, démocratiques et libertaires.

 

Par Stéphane Bourgou

On l’appelle Bénéwendé Stanislas Sankara, Bénéwendé Sankara, Stanislas Sankara, ou simplement maitre Sankara. Il entre dans l’arène politique en 1983 à la naissance de la révolution burkinabè conduite par le capitaine Thomas Sankara avec le CNR (Conseil national de la révolution). Alors qu’il est encore un étudiant militant dans les mouvements associatifs, il est très vite conquis par les idéaux défendus par le CNR et son leader. Il s’engage tout de suite dans le mouvement de défense de cette nouvelle ère dans la gouvernance au Burkina Faso et intègre les Comités de défense de la révolution (CDR).

L’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, freine l’élan politique de Bénéwendé Stanislas Sankara qui n’abandonne cependant pas la lutte. « Après la mort de Thomas Sankara, nous avons dû militer comme des snipers pour continuer son combat ». 

Mise en veille du combat politique, il se consacre à sa profession d’avocat. Son engagement et ses convictions le poussent à défendre à l’époque des journalistes, des travailleurs, des hommes politiques de l’opposition et des leaders de la société civile.

L’assassinat le 13 décembre 1998 du journaliste d’investigation Norbert Zongo, donne le ton d’un retour affiché en politique pour Stanislas Sankara. Selon lui, le président Blaise Compaoré porte la responsabilité de ces deux assassinats politiques majeurs de l’histoire du Burkina Faso. Un engagement qui va lui causer plusieurs déboires avec le régime Compaoré, sans jamais freiner son élan et sa sérénité à défendre ses idéaux  « déchus ».

Appétit politique aiguisé par les épisodes de pression

Ce nouvel élan l’amène à participer à la création du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques dans la dynamique de la défense des libertés. Il va ensuite militer dans la Convention panafricaine sankariste (CPS) qu’il quittera à cause des divergences de vue. Le 1er novembre 2000, il crée l’Union pour la renaissance – Mouvement Sankariste (UNIR-MS), qui deviendra Union pour la renaissance – Parti Sankariste (UNIR/PS) en 2009.

Au cours de cette période, Stanislas Sankara fait face à des pressions et intimidations orchestrées par le régime Compaoré et ses alliés, sans le faire taire. Les menaces et la case prison n’ont fait que renforcer ses convictions, murir son esprit de lutte, et accroître son appétit politique.

En 2002, son parti l’UNIR/PS accède à l’Assemblée nationale avec 3 députés. Une consécration pour l’homme politique. Bénéwendé Sankara est le président du groupe parlementaire de l’opposition « Justice et vérité », le plus important à l’époque avec 17 députés. Depuis cette année, il est régulièrement élu député. En 2005, il livre son premier combat ouvert en déclarant que Blaise Compaoré est inéligible. Lui-même se lance dans la course à la présidence.

Aux élections législatives de 2007, son parti obtient 4 députés et crée le groupe parlementaire « Alternance, démocratie et justice (ADJ) ». Bénéwendé Sankara est désigné Chef de file de l’opposition politique (CFOP). Ce nouveau contexte favorable permet, l’arrivée d’autres forces politiques de l’opposition, comme l’Union pour le progrès et le changement (UPC) en 2012. Celui-ci va ravir à l’UNIR/PS, la place de CFOP à l’issue de l’élection présidentielle de 2015 (en absence de Blaise Compaoré).

La logique de la lutte politique

L’autre combat est mené contre le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP), dirigé par le ministre Arsène Bongnessan Yé. Le CCRP visait la mise en place du sénat et l’organisation du référendum avec pour ultime objectif la modification de l’article 37 (permettant à Blaise Compaoré d’être éligible).

Dans la foulée, acteurs politiques et de la société civile se sont mis ensemble pour l’alternance, lutte qui a débouché à l’insurrection populaire d’octobre 2014 avec le départ forcé du régime de Blaise Compaoré et l’organisation de la présidentielle de 2015.

Plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle en 2005, 2010, 2015 sans y parvenir, Stanislas Sankara se dit fier du combat mené à l’UNIR/PS. Selon lui ce combat a permis au Burkina Faso de réhabiliter le président Thomas Sankara et d’être exemple de démocratie en Afrique. «Je n’ai pas été élu président du Faso certes, mais cette alliance avec le MPP nous amène (à l’UNIR/PS) à être fier».

Aujourd’hui, l’UNIR/PS s’est rallié au Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti qui a remporté l’élection de 2015. Et Stanislas Sankara dit se trouver dans sa logique de lutte politique. «C’est le MPP qui est venu nous rejoindre dans l’opposition. Sa ligne politique c’est la démocratie, c’est un parti de gauche comme l’UNIR/PS. Politiquement et idéologiquement, nous n’avons pas de problème à collaborer».

Maitre Sankara se convainc que ce sont les alliances qui font les grands partis et peuvent créer les équilibres politiques. C’est surtout au gré de l’alliance avec le MPP, qu’il est aujourd’hui premier Vice-président de l’Assemblée nationale au Burkina Faso, sans pour autant oublier ses ambitions initiales, la conquête du pouvoir.

© Stéphane Bourgou/HA

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