Hémicycles d'Afrique
A la Une Portrait

Portrait : Cheick Harouna Sankaré, le maire qui vise le palais de Koulouba

Jeune, ambitieux et populaire, le maire de Ouenkoro, commune rurale située à la frontière du Burkina Faso, dans la région de Mopti veut servir ses compatriotes au plus haut niveau. Il s’est porté candidat à la présidentielle du 29 juillet prochain. Portrait d’un candidat au parcours atypique.

Par Nouhoum Kane

C’est l’histoire d’un enfant de la campagne devenu le représentant de sa collectivité. Élu maire de Ouenkoro en 2009, il a été reconduit en 2016. A seulement 38 ans, Cheick Harouna Sankaré a réussi à conquérir le cœur des habitants de sa commune, voire au delà. Le 6 avril dernier, il recevait le premier « prix de la transparence dans la gouvernance » décerné par l’ONG SNV. Financé par l’ambassade des pays-Bas et assorti d’une enveloppe de 30 000 000 Fcfa, ce prix est le fruit d’une enquête de trois mois, menée dans les collectivités des régions de Ségou, Gao, Mopti et Toumbouctou. Objectif, récompenser la commune dans laquelle la gestion est la plus saine possible.

A coté de la bonne gouvernance, c’est son coté magnanime qui fait sa popularité. Visiblement, l’homme a le cœur sur la main. Depuis son arrivée à la tête de la commune, il a fait construire quatre châteaux d’eau qui ont tant soit peu soulagé les quelque 23 000 habitants de sa commune. Soucieux de l’avenir des populations de Ouenkoro il a bâti 11 écoles communautaires et un centre de santé. Pour la petite histoire, «avant la construction de ce centre, les populations de Ouenkoro allaient au Burkina Faso voisin pour bénéficier des soins. Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse qui se fait» affirme Sadou Issou notable de Ouenkoro. A ces projets, s’ajoute la réalisation d’une zone pastorale multifonctionnelle sur 32 km carré pour un coût estimé à plus de 170 000 000 de francs CFA et la dotation en moto de chacun des 22 chefs de village de sa commune pour leur faciliter le transport vers les services de la mairie. Une recette qui fait succès. Le natif de Togon, commune de Ouenkoro dans le cercle de Bankass région de Mopti est devenu un « homme du peuple ». Il a fait de la proximité avec ses concitoyens un cheval de bataille. Avec la crise malienne déclenchée en 2012, il s’est trouvé un autre Leitmotive : oeuvrer pour la paix et la réconciliation. Pour encourager les forces de défense et de sécurité du Mali, il n’a pas hésité d’aller les rendre visite dans la zone de combat. Grâce à «L’Union pour la nation», son mouvement apolitique crée en 2016, il a mené plusieurs campagnes de sensibilisation pour l’édification et la consolidation de la paix, dont une dans le centre du Mali à travers une tournée des huit cercles de la région de Mopti en février dernier. Dans sa déclaration de candidature, il a d’ailleurs déclaré «je suis candidat pour redonner confiance aux maliens et aux maliennes, pour bâtir une paix durable, gage d’une cohésion sociale et d’une concorde nationale ».

 Véritable ambition ou simple calcul politique ? 

Certes, le maire de Ouenkoro est populaire, «mais cela ne suffit pas pour remporter une élection présidentielle » avancent certains observateurs. En effet Cheick Harouna Sankaré n’a pas que des atouts. Dans une arène politique élitiste, son manque de diplôme est un handicap majeur. En effet, Diarra (le lion en bambara), comme l’appellent ses proches n’a connu que l’école coranique qu’il a fréquenté au Mali et le Niger, avant d’aller se perfectionner en Egypte. Lui, se défend : «nous ne sommes pas des universitaires certes mais nous n’avons aucun complexe car nous avons été formés à la plus prestigieuses des écoles, l’école de la vie». Autres faiblesses : son manque d’expérience politique, et l’absence d’une véritable base politique.

Face aux «poids lourds» de la politique malienne, le fils de Togon pourra créer la surprise ? « Vu les enjeux géopolitiques et l’histoire du Mali », un journaliste malien qui a requis l’anonymat reste sceptique. Avant de conclure, « l’essentiel pour lui c’est de participer. Ce qui est sûr, il peut négocier une place s’il le souhaite, vu sa popularité et son charisme ». Mais Cheick Harouna Sankaré ne l’entend sans doute pas de cette oreille.

Les autres ont consulté aussi ces articles

Ce site utilise des cookies. Nous voudrions nous assurer que vous acceptiez notre politique en la matière. J’accepte plus de détails

Privacy & Cookies Policy

NEWSLETTER

Inscrivez-vous pour recevoir des alertes de nos publications

Vos informations resteront confidentielles

Hémicycles d'Afrique

GRATUIT
VOIR