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Portrait: Idrissa Seck, un élu local d’envergure nationale ?

Au Sénégal, l’élection présidentielle du 24 Février 2019 aiguise les appétits. Ils sont plus de 80 candidats déclarés à la candidature pour la magistrature suprême. Parmi ces candidats, il y’a plusieurs élus locaux à l’image du président du conseil départemental de Thiès, Idrissa Seck. Le leader du parti Rewmi est parti pour participer à sa troisième élection présidentielle de suite depuis 2007. Portrait d’un «électron libre».

Ibrahima Diouma Ba

Son ambition et sa détermination pour le pouvoir sont connues de tous les sénégalais. Il se bat depuis plus d’une décennie pour accéder à la magistrature suprême. Idrissa Seck communément appelé Idy est un homme politique teigneux. Il sait donner des coups à ses adversaires et en reçoit sans rechigner.

Idy et Thiès, une si longue histoire d’amour

Né le 9Aout 1959  à Thiès, Idrissa Seck en est devenu l’édile 43 ans après. Il restera maire de cette ville jusqu’en 2014. Durant ces douze années à la tête de la mairie de Thiès, Idy a su imposer son style pour consolider sa base politique et fidéliser son bastion électoral. Une stratégie qui s’est avérée payante.

En 2014, devenu le principal opposant du président Macky Sall, il a du batailler ferme pour garder son influence. Affaibli certes, il a fini par garder son terroir sous sa botte. De maire de la ville, Idrissa Seck est passé à président du conseil département à la suite de l’acte III de la décentralisation, réforme qui a créé le département comme collectivité territoriale.

Idrissa Seck a décroché son baccalauréat en 1981 au collège Saint-Gabriel de Thiès et a intégré l’école des hautes études commerciales de Paris puis la section « économie et finances » de Sciences Po en 1983 avant de rejoindre l’université de Princeton en 1989 pour étudier les relations internationales. Il a également fait une brillante carrière à l’école coranique sous le contrôle de ses parents.

Les chantiers de la discorde

Idrissa Seck a été durant sa carrière l’ombre de l’ancien président du Sénégal Abdoulaye Wade. C’était son bras droit et son homme de confiance entre 1988 et 2004. Au Parti démocratique sénégalais, le président du département de Thiès était vu comme le dauphin naturel de maître Wade. En 1988 puis en 2000, il était le directeur de campagne du leader du Sopi (le changement). Il avait notamment initié le concept de « marche bleue » qui avait donné lieu à la première alternance politique au pays en 2000.

Successivement, l’ancien maire de Thiès est devenu ministre, ministre d’Etat, directeur de cabinet du chef de l’Etat. Il est nommé Premier ministre le 4 novembre 2002 et sera limogé de la primature le 21 avril 2004.

Après son départ du gouvernement, Idy est attrait en justice pour sa gestion des «chantiers de Thiès », un volet du programme d’infrastructures d’appui aux collectivités territoriales devant accueillir les festivités de la fête d’indépendance. Ce feuilleton judiciaire qui a duré de juillet 2005 à février 2006 a détérioré ses relations avec son idole, Abdoulaye Wade.

L’ancien premier ministre a été mis en accusation devant la haute Cour de justice pour détournement de fonds publics, corruption, faux et usage de faux, atteinte à la défense nationale et à la sûreté de l’État le 23 juillet 2005. Il bénéficiera d’un non-lieu et sera libéré après 199 jours de prison.

De son passage à la primature, on retiendra entre autres une croissance du produit intérieur brut du Sénégal estimée à 6,68% et 5,87% en 2003 et 2004. Il a permis par ailleurs à la ville de Thiès de se doter d’infrastructures de bases notamment en matière de voirie et d’éclairage public.

La course vers la présidence de la République

L’ambition présidentielle d’Idrissa Seck n’est pas un secret. «Son défaut, c’est qu’il ne veut rester derrière personne» ironisait Me Abdoulaye Wade. En clair, «un élection libre». Il a créé son parti, Rewmi en 2006 pour défier son mentor. Avec 14,86% des voix, il arrivait deuxième à l’élection présidentielle de 2007, derrière Abdoulaye Wade réélu au premier tour avec 55,90% des voix.

Pour autant, « Mara » de son surnom d’adolescent ne s’est pas découragé. Il briguera à nouveau la présidence en 2012 avec le slogan « Idy 4th président » espérant devenir le quatrième président du Sénégal. Son rêve sera brisé par son ancien collaborateur Macky Sall arrivé deuxième du premier tour avec 26,58% des voix. Idy pour sa part n’avait récolté que 7% des suffrages exprimés.

Après quelques mois de compagnonnage avec Macky Sall, candidat qu’il avait soutenu en 2012 lors du second tour, « Mara » s’est démarqué de la mouvance présidentielle, devenant l’une des principales figures de l’opposition.

Habitué des médias et fin communicant, Idrissa Seck a pourtant fait les frais d’une sortie malencontreuse en mai 2018 en rappelant les origines de l’antagonisme entre juifs et arabes sur la question israélo-palestinienne.

Fragilisé par les défections de plusieurs cadres de son parti, Idy s’est lancé dans la collecte de parrainages citoyens lui permettant d’être en course le 24 février 2019. Si sa candidature est validée, le leader thièsois briguera la magistrature suprême pour la troisième fois

(Crédit photo: Xalima.com)

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