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Portrait : «impossible n’est pas camerounais » dixit Joshua Osih

Député national, vice-président du Social Démocratic front (SDF), principal parti d’opposition au Cameroun, le candidat à la présidentielle du 7 octobre 2018, Joshua Osih, positionne les jeunes « au cœur » de sa vision. A quelques jours du scrutin, Hémicycles d’Afrique décrypte son projet de société.

 

Par Aurore Bonny

Passionné d’aéronautique, il a démarré sa carrière dans l’aviation en tant qu’agent des opérations de la compagnie aérienne Lufthansa German Airlines à Douala et ensuite en Suisse dans le pays d’origine de sa mère, au sein de la Transworld Airlines en 1994. L’année d’après, il rejoint la multinationale Swissair/Swissport pour une durée de cinq ans. De retour au Cameroun, entre 1998 et 2002, il engage la création de deux entreprises de son domaine d’expertise. Il s’agit respectivement de l’African Travel Management et Camport PLC, le représentant exclusif de Swissport. Sa carrière professionnelle fait de lui un exemple pour certains jeunes camerounais qui le perçoivent comme l’espoir d’une jeunesse désœuvrée, désabusée et à laquelle il compte redonner  sa position de « fer de lance de la nation ».

Ce fils de révérend pasteur de Madie Ngolo, dans le département du Ndian, a spécialement évolué au sein du SDF qu’il a rejoint en 1991. D’abord en tant que militant et assistant administratif. Il est ensuite passé de délégué régional du Sud-ouest à 2nd Vice-président national à la convention de 2006 et premier vice-président national lors des conventions de 2012 et 2018. En 2013, il a été élu député à l’Assemblée nationale par les populations des arrondissements de Douala 1er et celles de Douala 6e. Il est le vice-président de la commission des finances et du budget, rapporteur spécial chargé du secteur de l’administration des finances du gouvernement et rapporteur général adjoint en charge du revenu.

Opposant du pouvoir en place

Le parlementaire Joshua Osih n’y va pas de mains mortes pour fustiger le système gouvernant. Il le positionne en tant qu’acteur majeur de la mauvaise condition de son pays. Par exemple, dans des récentes lettres adressées aux militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, il fustige « les promesses illusoires », « les petits pièges à cons » tendus par « un système manifestement mis en place pour ruiner » « l’aspiration profonde à la prospérité et empêcher le développement du Cameroun ».

Il accuse ce système de « détruire l’épanouissement individuel et collectif » et de monter des « concepts cyniquement imaginés pour endormir le peuple et le piller ».

Pour le jeune élu, les grands mots clés tels que « émergence en 2035 », « grands projets structurants » et autres tant exprimés par le RDPC ne sont que des « incantations ». Il tire également à bout portant sur « un système d’égoïsme et de nomination »« le peuple ne décide de rien et subit tout ».

Programme très ambitieux

Titulaire d’un MBA et parfaitement bilingue, l’élu du SDF pense avoir « ce qu’il faut ».

« Connaissances, expériences, idées et jeunesse » sont ses moyens de réussir qu’il rajoute à ce qu’il appelle « le plus important », à savoir « la croyance en son pays et la capacité des camerounais à surmonter les obstacles et à exceller ».

Au cœur de sa philosophie politique, Joshua Osih place « la justice sociale et l’égalité des chances ». «Aucun enfant ne devrait-être exclu. L’aspiration de chaque parent camerounais que ses enfants auront une vie meilleure doit-être rétablie » déclare-t-il.

Il prévoit d’énormes réformes pour son pays. Notamment la stimulation de la croissance avec la réforme des lois sur le foncier pour l’accessibilité aux titres de propriétés. Dans un même contexte la révision de lois sur la protection des patrimoines lors des transitions générationnelles, ceci afin de « combattre les pratiques excluant les jeunes et les femmes de la propriété des terres ».

Le candidat souhaite passer à un régime présidentiel au niveau fédéral et parlementaire dans les Etats fédérés avec les gouverneurs élus, avec une présidence de la République assistée d’une vice-présidence élue sur le même ticket. Il vise entre autres la stimulation de la croissance à travers la valorisation de l’esprit compétitif camerounais, la réappropriation de la culture, l’environnement pour que les camerounais se réconcilient avec leur histoire, la mise en place d’un environnement des affaires capables de soutenir une croissance qui profite à tous.

300 milliards de FCFA par an, c’est le montant que le Cameroun devra économiser s’il choisit Josuah Osih. Cette économie sera réalisable d’après lui à travers entre autres : la suppression de la fonction de premier ministre pour 10 milliards de FCFA, la suppression du Senat de 15 milliards de FCFA, la réduction de la ligne des dépenses « dépenses communes » d’environ 100 milliards.

Fédéralisme contre crise anglophone

« Moi, futur président de la République du Cameroun, je ne m’autoriserai aucun répit alors qu’un seul km2 du territoire national est à feu et à sang comme c’est le cas actuellement dans les régions dites anglophones. Élu au lendemain du 7 octobre prochain, je me donne un maximum de 100 jours pour que le conflit qui embrase le Sud-ouest et le Nord-ouest soit réglé. Non pas que tous les aspects institutionnels de la crise seront solutionnés mais au moins, les violences, elles, auront toutes cessé » déclare-t-il.

Pour lui, la solution à cette crise est le fédéralisme. Pour y parvenir, il compte démarrer par le cantonnement dans les casernes les troupes présentes dans ces régions, et l’engagement d’un exercice de désarmement et de réinsertion des activistes anglophones radicalisés.

Dans un même élan, il planifie de convoquer « une conférence nationale pour la réconciliation, la vérité et la réparation », mais aussi d’organiser une conférence constitutionnelle ayant pour mission de « mettre en place de nouvelles institutions garantissant le pouvoir au peuple, le renforcement de l’unité nationale par la promotion de la diversité et la protection des deux systèmes juridiques camerounais et son bilinguisme, ainsi que notre bilinguisme. »

« Je veillerai aussi à ce que le bilinguisme constitue notre véritable force et devienne un critère obligatoire d’accès à la fonction publique » affirme-t-il.

Au Cameroun, lorsqu’on évoque Joshua comme candidat à la présidentielle de 2018, certains Camerounais rigolent de ses projets ambitieux mais « surréalistes » pour de nombreux observateurs. Régler la crise anglophone en 100 jours, augmenter le SMIC à 160 000 FCFA, initier l’école gratuite et obligatoire jusqu’à la fin du premier cycle secondaire, introduire une couverture de santé de base à hauteur de 500 000 FCFA relèvent de l’impossible pour certains. Réponse du jeune parlementaire : «impossible n’est pas camerounais ».

Source photo:www.Osih2018.com

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