Méconnu de la scène politique malienne, Issiaka Sidibé a été élu à la tête de l’Assemblée nationale du Mali en 2014. Une consécration pour cet ancien dignitaire du football entré en politique au début des années 2000.

 

Par Nouhoum Kane

Mai 2002, Amadou Toumani Touré candidat indépendant remporte les présidentielles maliennes au dépend du RPM (Rassemblement pour le Mali) de Ibrahim Boubacar Keïta. Face à ce revers le RPM va mettre en place une coalition nommée « Espoir 2002 » pour conquérir l’Assemblée nationale. La réussite de cette coalition va permettre à plusieurs inconnus d’être élus députés. Parmi ces figures inconnues on trouve Issiaka Sidibé communément appelé Isac, jusque-là connu dans le milieu du sport où il fut président de l’A.S Réal de Bamako et premier vice-président du Comité olympique national. C’est dans la circonscription de Koulikoro, localité dont il est originaire, qu’il a été élu. Cet ancien cadre de la douane malienne va faire son entrée à l’hémicycle à 56 ans. Le début d’une carrière politique… Entre 2002 et 2005, Isac sera le rapporteur général de la Commission des finances, de l’économie et du plan.

Du fond du trou à la lumière du jour

Face à la l’échec du RPM lors des élections de 2007, Issiaka Sidibé ne parviendra pas à se faire réélire. Désormais à la retraite, il disparaitra des radars jusqu’en 2013, année qui coïncide avec le retour en force du RPM de IBK.

Avec les législatives de 2013, le RPM signe son retour en force. Au plus bas dans les sondages, incarné par le charisme de Ibrahim Boubacar Keita en qui les maliens voient l’homme de la situation pour redonner au peuple malien sa fierté perdue, le RPM va parvenir à changer la donne politique. IBK est élu président de la République en Août, et son parti remporte les législatives de décembre avec une majorité écrasante.

Avec sa défaite dans la commune I du district de Bamako, Boulkassoum Haidara jusque-là pressenti pour prendre le perchoir de l’hémicycle, se voit écarter et laisse place à Issiaka Sidibé qui vient d’être élu à Koulikoro en deuxième région. Les liens entre Issiaka Sidibé et le tout nouveau président ont-ils pesé dans cette élection ? Plusieurs maliens le pensent. En effet, Sidibé n’est autre que le beau-père de Karim Keïta, le fils du président de la République, lui-même député et président de la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale.

 Bilan mitigé

Face à un pays miné par plusieurs crises, Issiaka Sidibé a hérité de dossiers brulants et fait face à plusieurs défis, tels le renforcement de la sécurité et la relance de l’économie jugée moribonde. Personnellement il fait aussi face, depuis son arrivée à la tête de l’Assemblée nationale, aux critiques de ces détracteurs qui ne croient pas en sa capacité à diriger une telle institution. Pourtant certains observateurs pensent qu’avec le contexte tout aussi complexe, sa gestion de l’institution est à saluer.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.