Marcel Niat Njifenji, président du Sénat © Agence Cameroun Presse

Depuis le 14 mars dernier, le Sénat camerounais a repris à sa tête son tout premier président. Un homme qui mènera la haute chambre parlementaire pendant une nouvelle mandature. Portrait de l’homme qui a roulé sa bosse au sein des plus importantes institutions du pays.

 

Par Aurore Bonny

Son nom est rattaché à l’histoire du sénat camerounais. Seul candidat pour ce poste qu’il occupe depuis 2013, Marcel Niat Njifenji a été réélu, sans surprise, lors du vote des sénateurs ce 14 mars 2019. Il reste ainsi la deuxième personnalité du Cameroun. Il pourra donc prendre la tête de l’Etat en cas de vacance du poste du Président de la République selon la norme constitutionnelle.

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Du haut de ses 84 ans, l’homme dont la population remet constamment en cause l’état de sa santé se trouve encore à la tête d’un sénat de membres dont 70 élus et 30 nommés par le Président de la République. Il a été élu par  92 voix pour, 7 contre et une abstention selon les médias locaux. Sa présence au sein de la chambre parlementaire résulte d’une nomination de Paul Biya, Chef de l’Etat et président national de leur parti commun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Homme à qui « il voue une reconnaissance infinie ».

Une carrière politique exceptionnelle

L’octogénaire originaire du Ndé, département de l’Ouest Cameroun, a fait son entrée en politique avec sa nomination, le 7 septembre 1990, en tant que Ministre du plan et de l’aménagement du territoire. Il a été promu, le 9 avril 1992, Vice-premier ministre en charge des mines, de l’eau et de l’énergie (MINEE). La même année, il est élu député du RDPC dans son département d’origine. Il cumule ce poste avec celui ministériel et du directeur général de la Société nationale d’électricité (Sonel), aujourd’hui ENEO.

Il revêt ensuite l’unique casquette de maire de la commune de Banganté de 2003 à 2007. Suite à la victoire de son parti RDPC aux sénatoriales de 2013, Niat a été nommé sénateur le 8 mai de la même année. Après l’installation, le Président Paul Biya le « place » à la présidence de ce Sénat nouvellement créé.

Un parcours professionnel exemplaire

Avant d’embrasser sa carrière politique, le sénateur Marcel Niat Njifenji a fidèlement évolué au sein des institutions publiques de son pays depuis l’indépendance. Il intègre la fonction publique le 31 décembre 1960 en tant qu’ingénieur des ponts et chaussées et des services techniques de l’État. Il a respectivement œuvré au sien de la Société d’Électricité du Cameroun (EDC) en 1965 en tant que chef du service études et directeur général à partir de  1973. De mai 1974 à avril 1984 et de septembre 1989 à juillet 2001, il occupe le poste de directeur général de la SONEL (Société nationale d’électricité du Cameroun). Il a d’ailleurs mis en place cette firme sous l’impulsion du Président Biya en fusionnant les entreprises ENELCAM, EDC et POWERCAM.

Toutefois, entre ces deux périodes à la direction de la Sonel, il a été incarcéré en 1984 à la prison de Kondengui dans l’affaire de la tentative de coup d’Etat du 6 avril 1984. A sa sortie aucune, charge n’était retenue contre lui. Il avait donc évoqué une campagne de sabotage envers sa personne.

Loin de sa vie professionnelle et politique, le sénateur du RDPC est le promoteur d’un évènement biennal dénommé « le festival culturel Medumba » qui valorise la langue traditionnelle Medumba et donne l’occasion aux peuples d’exposer les créations de l’artisanat local. C’est un rendez-vous incontournable des populations du Ndé. Il s’est également investi dans le secteur agricole où il emploie un nombre important de Camerounais.

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Derrière celui que le RDPC qualifie d’homme « pétri d’expérience dans la gestion des affaires publiques », se dresse un parcours académique exemplaire. De son cours primaire à Banganté, Niat Njifenji a fait son parcours secondaire au Lycée général Leclerc de Yaoundé. Il réussit, en 1954, au concours général de France et de l’Union française en histoire et géographie et obtient son baccalauréat en mathématiques élémentaires en 1955. Les divers postes de responsabilités qu’il a occupés sans interruption après sa licence en ingénierie en France lui a permis de participer à la mise en place d’importantes infrastructures hydroélectriques nationales et l’élaboration d’importants programmes d’électrification pour son pays. Des efforts  salués avec des distinctions dont celles de commandeur de l’ordre de l’Araignée, le Vermeil et or, la Médaille d’honneur du travail en argent, le Grand cordon de l’ordre du mérite et le grand officier de l’ordre de la valeur.

Une fois à la tête du Sénat, Marcel Niat Njifenji saura mettre encore en avant son parcours tant professionnel que politique pour la vitalité de cette chambre haute. Une nouvelle ère donc pour cet octogénaire qui ne cesse de bénéficier du soutien du Chef de l’Etat, Paul Biya.

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