Hémicycles d'Afrique
A la Une Opinion

Pourquoi les parlements africains sont-ils inefficaces ?

Manque de conviction, corruption, improductivité, incompétence et ignorance des citoyens, plusieurs raisons sont à l’origine de l’inefficacité des parlements en Afrique.

  Par Narcisse Oredje, Blogueur tchadien

Absentéisme

Sur 217 députés que compte le parlement tunisien, seuls 3 ont pris part à toutes les sessions selon le rapport d’Octobre 2016 de l’ONG Al-Bawsala qui veille sur la transparence politique, les travaux législatifs et exécutifs. Malheureusement, l’absentéisme des députés est favorisé par l’ambiguïté et la contradiction des textes.

Au Burkina Faso par exemple, la présence des élus aux plénières est obligatoire d’après le règlement intérieur, mais les mêmes textes autorisent le vote par délégation  favorisant ainsi l’absentéisme de certains élus et rendant presque impossible la sanction.

Improductivité

La productivité de certains députés reste un problème majeur. Une fois élus, ils prennent cette fonction pour un acquis. La plupart ne rendent même pas compte après les sessions à leurs mandants. Durant la législature, ils ne proposent aucune loi et quand le gouvernement introduit un Projet de loi, ils les examinent à peine. Ce problème de productivité s’explique aussi par le cumul de fonctions. Au Burkina Faso, par exemple, l’incompatibilité du mandat parlementaire avec d’autres fonctions ne touche que les fonctions publiques ou parapubliques. Or, beaucoup de députés sont des hommes d’affaires ou des chefs d’entreprises toujours occupés. Ce cumul empêche les élus de se concentrer sur leurs missions parlementaires, ce qui compromet leur productivité.

Incompétence

Autre problème, les députés ne s’investissent pas dans les débats qui précèdent les votes par manque de compétences, semble t-il. En Côte-d’Ivoire, les articles 70 et 71 du Code électoral qui définissent l’éligibilité des candidats à la députation ne parlent aucunement du niveau d’instruction des futurs députés et c’est le cas dans la plupart des pays. Ce qui laisse libre champ aux personnes peu compétentes d’accéder à des fonctions sans avoir les qualifications requises.

Passivité des autres parties prenantes

Les citoyens ont leur part de responsabilité sur la compétence et le caractère véreux des hommes qu’ils choisissent pour les représenter. Les électeurs africains ont tendance à élire les candidats qui appartiennent à leurs clans ou groupes ethniques sans s’intéresser à leur programme politique. Et puisque plusieurs électeurs demeurent moins instruits ou ignorent simplement l’importance des législatives dans la vie de leur pays, ils ne savent pas qui, parmi les candidats, incarne au mieux leurs aspirations. Quant aux citoyens avertis, ils se demandent à quoi ça sert de voter si les résultats sont connus d’avance.

Les médias et la société civile quant à eux, ont une responsabilité importante. Investis d’une mission d’éveilleurs de conscience, la majorité se laisse entrainer par le jeu politique, manipulant ainsi l’information et relayant aux citoyens de fausses promesses. En somme, les dysfonctionnements dans les parlements africains sont nombreux et les causes sont multiples. Une chose est sûre, une crise de confiance s’est installée de nos jours entre les élus du peuple et les citoyens qu’ils représentent.

 

 

Les autres ont consulté aussi ces articles

Ce site utilise des cookies. Nous voudrions nous assurer que vous acceptiez notre politique en la matière. J’accepte plus de détails

Privacy & Cookies Policy

NEWSLETTER

Inscrivez-vous pour recevoir des alertes de nos publications

Vos informations resteront confidentielles

Hémicycles d'Afrique

GRATUIT
VOIR