Des gorilles en danger au Parc national de Kahuzi-Biega, dans le Sud-Kivu © Youtube
Des gorilles en danger au Parc national de Kahuzi-Biega, dans le Sud-Kivu © Youtube

C‘est un patrimoine mondial de l’humanité qui fait face à la déforestation et à l’insécurité animalière. Et pour préserver ce patrimoine, des représentants du peuple de l’Assemblée des provinces plaident pour une prise en compte et une politique adéquate autour du parc national de Kahuzi-Biega, dans le Sud-Kivu, classé 3ème meilleure réserve riche en biodiversité en Afrique.

 

Par François Mukandila

Localisé à l’Est de la RD Congo et vaste de 6000 km² avec une altitude de 600 à 3308m, le parc national de Kahuzi-biega tire son nom de deux montagnes dominantes de haute altitude dont: le Mont Kahuzi (3308m) et le Mont Biega (2790m). Avec une diversité biologique exceptionnelle constituée de beaucoup d’espèces endémiques, rares et menacées d’extinction, le PNKB est un des cinq sites du patrimoine mondial en RDC. Il compte 136 espèces de mammifères parmi lesquelles 14 sont menacées, 335 espèces d’oiseaux dont 11 sont menacées et 30 sont endémiques au niveau du Rift Albertin (RA), 69 espèces de reptiles, 44 espèces amphibiens et plusieurs centaines d’espèces de plantes dont 145 sont endémiques au niveau du Rift Albertin.

Il abrite de nombreuses familles des gorilles appartenant à une sous-espèce unique que le visiteur ne peut observer dans son habitat naturel qu’en RD Congo, les gorilles de plaines orientales (Gorilla beringei graueri), connu actuellement sous le nom de gorille de Grauer. L’industrie du crime faunique lorgne sur ces pièges naturels, occasionnant des pertes en vies humaines parmi les rangers et une décimation des espèces. La valeur touristique d’un gorille dépasse trois cents dollars américains.

Braconnage et déforestation

Devant cette atteinte, les élus du peuple tapent du poing sur la table et appelle les uns et les autres à bannir « leurs intérêts personnels pour privilégier l’intérêt de toute l’humanité ». Le rapporteur de l’assemblée provinciale du Sud-Kivu,  Amani Kamanda Jacques, juge anormal qu’un groupe ethnique soit manipulé pour faire une exploitation illégale et à grande échelle du parc. «Plus de 300 hectares sont détruites par ces personnes instrumentalisées. Ceci est inacceptable, ça doit s’arrêter immédiatement. Nous, en tant qu’élu du peuple, nous nous insurgeons contre la montée de l’insécurité dans le PNKB. ». Fustigeant l’assassinat des garde-parcs, Jacques Amani juge inadmissible que les personnes censées protéger ce patrimoine mondial soient tuées au vu et au su de tout le monde.  « Voilà pourquoi nous condamnons ces attaques à répétition dans le Parc et demandons que le gouvernement (tant au niveau national qu’à tous les niveaux) s’implique pour mettre fin à cela. Sinon, nous pourrons perdre ce patrimoine mondial  » a-t-il déclaré à la presse, avant d’appeler à la mobilisation.

Dans la même logique, Matthieu Alimasi, président de la commission environnement de la même annonce la tenue d’une table ronde regroupant toutes les sensibilités et partis prenantes pour régler, une fois de bon, cette question sécuritaire.

Le chef de site de ce parc, De Dieu Bya Ombe, épingle aussi le rôle mitigé des bantous et des ONG internationales et nationales qui instrumentalisent les peuples autochtones. Il appelle les autorités nationales à ouvrir l’œil sur les activités de ces structures, qui, selon lui, justifient leur financement par le désordre dans ledit parc

 Aire protégée

Selon la loi N° 14/003 du 11 Février 2014 relative à la conservation de la nature stipule en son article 3 que « l’Etat exerce une souveraineté permanente sur les ressources naturelles, biologiques et génétiques, les écosystèmes, les sites et monuments naturels situés sur le territoire national. Il protège et promeut également les savoirs traditionnels associés aux ressources biologiques et génétiques et détenus sous la forme orale, documentaire ou autres. L’Etat, la province et l’entité territoriale décentralisée en assurent, dans les limites de leurs compétences respectives, la conservation et veillent à leur gestion durable ».

C’est du devoir de l’institut congolais pour la conservation de la nature d’assumer cette protection. Selon son Directeur Général, Dr Cosma Wilungula, une unité spéciale de l’armée est à pied d’œuvre pour assurer la protection de toutes les banques naturelles. L’objectif visé est d’enrayer le banditisme faunique et la déforestation. Les élus du peuple, au niveau provincial entendent suivre de près ce dossier afin que la RD Congo conserve ce parc dans les annales du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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