Des manifestants de l’UDPS rassemblés devant l’Assemblée nationale pour fustiger l’attitude du bureau du parlement © François Mukandila/ HA
Des manifestants de l’UDPS rassemblés devant l’Assemblée nationale pour fustiger l’attitude du bureau du parlement © François Mukandila/ HA

Les députés congolais se sont prononcés sur les deux ordonnances du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui nomment les cadres de deux grandes entreprises publiques, la Gécamines et la société nationale des chemins de fer du Congo SNCC.  C’est suite à une motion d’un député de l’opposition. Ce dernier a invité l’Assemblée nationale  à dénoncer ces actes du Chef de l’Etat. Les réactions ne se sont pas fait attendre pour  condamner l’attitude du Bureau du parlement dans cette démarche du député.

 

Par François Mukandila

Début juin, le Président de la République, Félix Tshisekedi, prend deux ordonnances portant nomination des cadres de direction de la Gécamines et de la SNCC, deux entreprises du portefeuille de l’Etat dont l’essentiel des activités se concentrent dans l’ex province du Katanga. Si la première reconduit Albert Yuma  à la tête du Conseil d’administration de la géante minière Gécamines, la seconde ordonnance élève le député provincial Gabriel Kyungu wa Kumwanza au poste de Président du Conseil de la SNCC, une société des chemins de fer dans la partie Est du pays.

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Au lendemain de leur publication officielle, ces actes administratifs ont engendré de vives réactions au sein de l’opinion publique.

Un débat houleux à l’Assemblée nationale

Suite à une motion incidentielle, Léon Mondole, député de l’opposition, critique  ces ordonnances qui, selon lui, n’honorent ni le pays ni ne consolident l’Etat de droit. «  Nous recommandons au Président de la République de rapporter les ordonnances controversées », avait lancé cet élu du MLC de Jean Pierre Bemba. Un avis soutenu par le député Henri Lokondo qui regrette l’irrégularité de ces ordonnances.

Réponse du berger à la bergère, Tony Mwaba, élu de l’Udps, parti au pouvoir, a attaqué la motion avant d’être rejoint dans son argumentation par un autre député de l’opposition Christophe Lutundula. Il estime que « discuter des actes du Président est contraire à la Constitution et ce débat doit prendre fin pour l’image de l’Assemblée et pour le respect de la constitution  du pays ». L’un des rares élus à siéger dans les trois législatures de la 3ème République, Lutundula, s’est étonné de cette attitude des députés puisque jamais, soutient-il « on n’a débattu des actes du Chef de l’Etat dans cette Assemblée nationale ». Ce qui va conduire la présidente de l’Assemblée à clore le débat, appelant plutôt à la formation rapide de l’équipe gouvernementale.

Vive désapprobation des militants

Irrités par des propos jugés irrévérencieux du Chef de l’Etat lors de cette plénière du 7 Juin, les militants de l’Udps, bravant l’appel à la retenue des dirigeants de leur parti, ont manifesté devant le siège de l’Assemblée nationale ce lundi. « Nous sommes venus ici sans mot d’ordre pour manifester notre mécontentement, une mise en garde contre le bureau de l’Assemblée nationale », a lancé un des manifestants. Ils exigent la levée de l’immunité du député auteur des méprises vis-à-vis du Président de la République et demande qu’il soit déféré devant la juridiction compétente pour outrage au Chef de l’Etat.

Dans la soirée, le bureau de cette institution, par son rapporteur Célestin Mosao, a indiqué à l’issue de la réunion du bureau que « personne n’a posé la problématique de mettre en cause les actes pris par le Chef de l’Etat parce que la Constitution nous l’interdit ». Selon lui, la discussion qu’il y a eue, portait sur la gestion des entreprises du portefeuille et non bloquer l’exécution des ordonnances du Président de la République.

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Aux termes de dispositions de l’article 81 de la Constitution, « le Président de la République nomme, relève de leurs fonctions et, le cas échéant, révoque, sur proposition du gouvernement délibérée en conseil des ministres : les hauts fonctionnaires de l’administration publique ; les responsables des services et établissements publics ; les mandataires de l’Etat dans les entreprises et organismes publics, excepté les commissaires aux comptes. Les ordonnances du Président de la République intervenues en la matière sont contresignées par le Premier ministre ».  Aussi, l’article 77 de la Constitution interdit il même tout débat sur les messages que le Président de la République lit ou fait lire devant le parlement.

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