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RDC : Réveil tardif des opposants après les résultats législatifs

La plate-forme des candidats du pouvoir sortant a recueilli, au soir du scrutin législatif, la majorité des sièges à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC). Des résultats diversement appréciés tant par des acteurs politiques eux-mêmes que par les citoyens congolais.

 

Par François Mukandila

La commission électorale nationale indépendante (CENI), institution en charge des élections en RDC, a rendu public ce 12 janvier 2019, les résultats de la 3ème élection législative depuis la fin des conflits armés. Ces élections qui ont connu une forte participation ont également permis à la CENI d’enregistrer la candidature des milliers de prétendants aux sièges parlementaires. Au terme du scrutin, les résultats provisoires créditent de trois quart de sièges les partis et regroupements politiques affiliés au Front commun pour le Congo (FCC), un conglomérat de partis politiques présidé par Joseph Kabila, Président sortant. L’opposition ne s’en est sortie qu’avec cent cinquante sièges sur les cent cinq à pouvoir. Ceci, pour faute d’entente et unicité d’action selon certains observateurs de la scène politique congolaise.

Pour les supporters de Louise Munga, députée du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd) dans le Maniema, les résultats publiés par la CENI ne reflètent pas le vote exprimé par la majorité des votants. « Nous ne comprenons pas comment Néhémie Mwilanya, candidat du même parti politique dans la même circonscription peut être déclaré élu alors qu’il n’a pas pu recueillir autant de voix que notre candidate », s’est offusqué le porte-voix des supporters lors d’un rassemblement dans la province de Maniema.

Du côté de l’Alliance pour la bonne gouvernance, un regroupement de quelques partis politiques, « il n’est pas question de reconnaître l’élection de Liyota Bienvenu, pourtant ministre en fonction dans l’actuel gouvernement. Lors d’un sit-in devant le siège du regroupement à Kinshasa, les sympathisants d’un autre candidat du même parti lésé attendaient le quitus de la direction du regroupement pour porter le contentieux devant les juridictions compétentes.

L’union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du nouveau président élu Félix Tshisekedi, formation politique de l’opposition, a aussi manifesté son étonnement face aux résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « Nous récoltons toutes les observations de nos candidats lésés », ont unanimement déclaré les différentes forces politiques de l’opposition qui portent aussi de doute sur ces résultats proclamés par la CENI.

Le seuil électoral, l’incompris des opposants

Tout comme s’il visionnait l’avenir, l’ancien député élu en 2011 et vice-ministre de l’intérieur avait expliqué sur les différentes chaînes locales bien avant les élections que le code électoral stipule clairement que « les listes qui n’atteindront pas le seuil électoral, ne seront pas proclamés élues ». Pour donc l’appuyer, Basile Olongo de la même force politique avait aussi affirmé que « plusieurs se plaindront alors et crieront à la fraude mais que ce sera trop tard ». Les faits semblent leur donner raison aujourd’hui au regard des contestations observées ci et là dans tout le pays quant à l’issue de ce scrutin législatif. Pour les kinois, « l’opposition aurait mieux fait de se concentrer également sur les élections législatives comme ce fut le cas pour la présidentielle en battant à fond la campagne dans les 26 circonscriptions électorales du pays ».

«Le pouvoir en place a multiplié des regroupements pour contourner le vote sanction de la population contre le PPRD, parti au pouvoir. Les gens ont donné des voix à certains candidats qui ont battu campagne avec un discours de proximité sans nécessairement afficher leur alignement politique », explique Antoine Boloto, analyste politique. Ces regroupements que la plupart de Congolais ont d’ailleurs découverts lors de l’annonce télévisée des résultats. « L’insuffisance des moyens explique aussi le résultat que nous avons puisque nos deux partis politiques, UNC et UDPS/ Tshisekedi, n’ont pas pu, comme les autres, multiplier les astéroïdes autour d’eux”, a confié Vital Kamhere quelques instants après l’annonce des résultats par la CENI. Pour cet ancien président de la chambre basse du parlement et qui retrouve l’hémicycle après près de 10 ans, le temps n’est pas aux jérémiades, « nous sommes satisfaits dans l’ensemble et nous allons avancer comme tel”.

Selon les dispositions de la loi électorale, seules les listes des partis et regroupements politiques ou des indépendants ayant atteint ou dépassé le seuil national de 1 % sont admises à l’attribution des sièges. Dans les circonscriptions comptant un siège à pourvoir, le vote a lieu au scrutin majoritaire simple. Le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix est proclamé élu. Dans les circonscriptions comptant deux sièges à pourvoir ou plus, le vote a lieu au scrutin proportionnel de listes ouvertes à une seule voix préférentielle avec application de la règle du plus fort et suivant les modalités prévues.

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