© Claude Didierjean-Jouveau
© Claude Didierjean-Jouveau

Les parlementaires somaliens ont adopté à l’Assemblée nationale ce lundi 8 juillet 2019, la loi sur les médias. Cette législation vise à réglementer le secteur médiatique dans le pays. Mais juste après son adoption, le Syndicat des journalistes somaliens (SJS) est montré au créneau pour dénoncer le caractère draconien de ce texte voté. Pour le SJS, la Chambre haute doit revoir le texte et le rejeter pour une nouvelle lecture.

 

Par Candy Nzouna

Le Syndicat des journalistes somaliens très remonté contre la nouvelle loi adoptée sur les médias dans le pays. Le secrétaire général de cette organisation syndicale l’a fait savoir à travers un communiqué rendu public à cet effet. Pour le SJS, les membres du parlement de la Chambre basse ont unanimement adopté le projet de loi sans une consultation préalable avec les premiers concernés, c’est-à-dire les responsables des organes de presse ou ceux du syndicat.

Selon la nouvelle loi amendée, les rédacteurs en chef et directeurs de médias se verront infliger une amende de 300 à 1 500 dollars pour publication de fausses nouvelles. Le texte, contre toute attente, habilite également le procureur général à ordonner l’arrestation et la poursuite de journalistes « critiques » et de stations de presse. La même loi restreint l’établissement de nouveaux médias dans le pays et impose le dépôt d’une somme (non encore spécifiée) qui ne fait aucunement pas partie des frais normalement payés au cours du processus d’enregistrement. Aussi, exige la nouvelle loi, tous les organes de presse déjà en règle (avant le vote du texte), devront demander une nouvelle inscription obligatoire dans les 60 jours suivant l’entrée en vigueur de la loi.

Le comble, souligne le communiqué du SJS, c’est la création d’un comité des médias somaliens (SMC) composé de neuf (9) membres. Ces membres seront issus du ministère de l’Information du gouvernement fédéral de Somalie (FGS) et des États membres, notamment: Administration régionale de Banadir (BRA). Ce comité sera sous le contrôle et le commandement du ministre de l’information du pays.

«Nous sommes très préoccupés par cette nouvelle loi draconienne qui restreint les libertés des journalistes et des médias. Il impose une amende de 300 à 1 500 dollars à tout rédacteur en chef ou directeur d’une maison de presse pour avoir enfreint cette loi. Il donne plus de pouvoirs au ministère de l’Information, notamment en matière d’enregistrement et de filtrage des journalistes », a fait savoir Abdalla Ahmed Mumin, secrétaire général de SJS.

En outre, continue le secrétaire général, le projet de loi oblige les journalistes à s’enregistrer et à obtenir des cartes d’identité fournies par le ministère de l’Information. Ce qui constitue une violation flagrante du droit des journalistes de disposer de leur propre enregistrement auto-réglementé. Le projet de loi interdit également à certains journalistes d’entrer dans la profession. Au regard de toutes ces observations que le SJS juge très pertinentes, le secrétaire général du syndicat demande à ce que les parlementaires de la Chambre haute rectifient le tir pour ne pas instaurer en Somalie une telle loi restrictive dans la corporation des journalistes.

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