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Les parlementaires tanzaniens s’apprêtent à adopter une série de modifications des dispositions législatives concernant surtout la liberté d’expression des journalistes dans le pays. Ce projet de loi restrictive des libertés a été dévoilé ce 19 juin 2019 au parlement. Aussitôt rendu public, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté ce vendredi 21 juin 2019 ces députés à ne pas « adopter une telle loi qui corserait davantage les conditions d’exercice du journalisme dans le pays ».

 

Par Daphney Gbètogbé

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) plaide pour que les parlementaires tanzaniens abandonnent le projet de révision d’une série de modifications législatives qui imposeraient, selon le comité, des restrictions indues à la liberté d’expression du journaliste dans le pays.  

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Lesdits amendements ont été regroupés dans un projet de loi dévoilé ce 19 juin. Ces derniers auraient porté sur près d’une dizaine de lois. Un de ces amendements proposés supprimerait l’interdiction actuelle de publier des informations susceptibles de «discréditer les statistiques officielles». Le même amendement ajouterait un processus d’approbation onéreux pour ceux qui souhaitent contester les données du gouvernement ou publier des statistiques «non officielles». Un quelconque entêtement sera assorti de sanctions pénales pour non-conformité.  Sans nul doute, les journalistes sont extrêmement limités dans l’exercice de leur fonction et c’est la liberté d’expression qui vient ainsi de prendre un grand coup dans un pays déjà empreint à des pratiques restrictives.

« Ces amendements proposés, s’ils sont adoptés par les députés, renforceront les restrictions légales déjà punitives auxquelles les journalistes en Tanzanie sont quotidiennement confrontés au travail », a déclaré Muthoki Mumo, représentant du CPJ pour l’Afrique sub-saharienne. Il a donc exhorté les législateurs tanzaniens à reconsidérer ces amendements et à faire de la place pour des consultations inclusives avec les membres du public, y compris la société civile et la presse. Le plus inquiétant, c’est que le projet de loi a été déposé en vertu d’un certificat d’urgence. Un sceau qui signifie que son processus d’approbation par le Parlement sera bien rapide.

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Aussi, annonce le projet, l’établissement d’un office de cinéma statutaire. Ce dernier a le pouvoir de censurer les films exposés dans le pays et oblige toutes les sociétés étrangères qui devraient tourner en Tanzanie, y compris les documentaires, à soumettre des images brutes de leurs travaux au conseil pour approbation. Mais le CPJ compte sur la clairvoyance des parlementaires quant à ces amendements.

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