Elise Loum à l'hémicycle.

Les femmes tchadiennes ont débuté leur carrière législative au sein du Conseil supérieur de transition (CST), un parlement provisoire issu de la Conférence nationale souveraine (CNS) et lors des législatives de 1997. Au cours de ces différentes législatures, les femmes parlementaires, malgré leur faible taux de représentativité, ont porté haut la voix de la femme tchadienne dans la lutte pour son émancipation. Un combat qui leur a permis d’obtenir l’adoption de la loi qui interdit tout mariage des filles de moins de 18 ans.

 

 Par Abel Tosi Nayalta

La femme tchadienne est certes engagée en politique depuis 1959, mais il aurait fallu attendre 1989 pour revoir les femmes au sein du parlement. Une présence en dents de scie due à la période marquée par les différentes guerres civiles et qui n’a malheureusement pas permis aux femmes de se hisser sur la scène politique nationale. Cette réapparition a été, elle aussi, de courte durée compte tenu du renversement du régime de l’ancien Président Hissein Habré. Mais à l’avènement de la démocratie en 1990 où le multipartisme est instauré après la Conférence nationale souveraine de 1993, le Tchad a renoué avec les consultations électorales. Le parlement provisoire mis en place à la suite de cette conférence a connu la présence de neuf (9) femmes. Mais au tout premier scrutin législatif, trois (3) femmes seulement ont été élues députées (Koumandial Nanalbaye Marie, Eldjima Abdramane et Dina Balingar Ndlr). En 2001, la législature a connu une participation plus nombreuse avec dix (10) femmes.

Cette législature a favorisé, pour la toute première fois, l’élection des femmes au bureau de l’Assemblée nationale. Le poste de la 2ème vice-présidente est occupée par Loum Elise née Ndoadoumngué Nelouseï, celui du questeur adjoint revint à Dénéram Miantamaré, et Fatmé Tchombi fut élue présidente de la Commission Affaires Sociales et Droit de l’Enfant. Le poste de rapporteur adjoint de la commission économie, développement et plan fut confié à Khadidja Hassaballah. Un acte qui a constitué le déclic dans le combat pour l’émancipation des femmes et surtout sa représentativité au sein des instances décisionnelles.

A la troisième législature, 24 sièges sur les 188 que compte l’Assemblée nationale sont occupés par des femmes, soit un pourcentage de 12, 77 %. Même si tous les présidents (sept au total) des groupes parlementaires sont tous des hommes, sur les huit postes de secrétaires de séance, deux sont occupés par des femmes. Deux femmes occupent également deux postes sur les six dans des commissions. Par contre, les deux postes de la questure sont occupés par les femmes. Ces femmes élues de la troisième législature se sont battues pour l’adoption de la loi portant l’interdiction de donner les filles en mariage avant l’âge de 18 ans, celle interdisant les mutilations génitales et celle accordant un quota de 30 % aux femmes à toutes les instances de décision. Mais toujours engagées, elles entendent peser de tous leurs poids afin que la parité homme-femme dans tous les postes de responsabilité soit respectée.

Des efforts encourageants pour ces femmes tchadiennes venues de très loin surtout malgré les pesanteurs socioculturelles. Petitement donc, leur présence est de plus en plus remarquée et une telle avancée stimule la jeune génération qui promet aller plus loin une fois le flambeau transmis.

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