Les députés tchadiens lors de l’adoption du projet de loi portant sur la Couverture santé universelle ce 3 juin 2019 © Abel N. Tossi/ HA
Les députés tchadiens lors de l’adoption du projet de loi portant sur la Couverture santé universelle ce 3 juin 2019 © Abel N. Tossi/ HA

Les parlementaires tchadiens ont adopté à l’unanimité ce lundi 3 juin 2019 au cours de leur 13ème session ordinaire de l’année, le projet de loi portant couverture santé universelle (CSU). Cette loi, soutiennent les députés, est un instrument juridique désormais nécessaire pour le pays. Son adoption participe également à une dynamique mondiale dans le cadre de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD-3), en matière de santé.

 

Par Abel Nayalta Tossi

Les élus du peuple estiment que la CSU est l’un de meilleurs moyens pour améliorer la situation sanitaire des populations. Pour eux, elle consiste à veiller sur l’accès de toute la population aux services de soins préventifs, curatifs, palliatifs, de réadaptation et de  promotion de santé, entre autres. C’est ce système, d’après eux, qui permet d’avoir un service de qualité plus efficace sans que le coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers.

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Selon les estimations, en 2012, les paiements directs des ménages ont atteint 115, 4 milliards de francs CFA, soit plus du tiers, 38% des dépenses courantes de santé au Tchad. La Commission estime donc que l’adoption du projet constitue la preuve de l’engagement du pays à accélérer la marche vers la Couverture Santé Universelle.

C’est au sommet annuel de santé  tenu au Ghana en 2018 qu’un cadre d’action a été élaboré pour aider chaque pays à choisir les options les mieux adaptées à son contexte spécifique. Le Tchad s’est donc engagé dans un processus de mise en place des jalons de la CSU. Il s’agit d’atteindre une situation dans laquelle les populations peuvent obtenir les services de santé dont elles ont besoin. Les députés constatent que la majorité des citoyens n’arrive pas à jouir, effectivement de leurs droits en raison de nombreuses contraintes au système de prévoyance sociale et au système sanitaire national.

Dans les débats, les députés justifient que personne ne doute de l’efficacité de la CSU, mais le constat est que certains centres de sante créés à cet effet ne fonctionnent pas. Aussi, soutiennent-ils, les urgences des hôpitaux sont submergés de patients. Ils sont aussi nombreux à se demander si la gratuité des soins mise en place par le gouvernement comble véritablement les attentes. Et pour corriger cet « échec », il fallait doter le pays de cet instrument juridique pour un accès plus facile aux soins de santé par des populations qui en ont parfaitement le droit.

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Le ministre de la Santé publique, Saleh Mahamat Aziz, a rassuré les élus du peuple que le gouvernement et ses partenaires financiers et techniques se sont engagés pour mettre en œuvre les recommandations pour ce nouveau système sanitaire. « Avec la CSU, des réformes seront opérées pour une meilleure gestion des ressources humaines. Ces réformes iront également dans le sens de l’amélioration du cursus de formation, de la contractualisation avec les prestataires, la formation dans l’accueil et l’application des normes et règles établies», a promis le ministre de la Santé publique à l’issu du vote de cette loi à l’Assemblée nationale tchadienne.

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