Une vue de l'hémicycle tchadien.

Dans son message à la nation le 31 décembre 2018, le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, avait annoncé que le Tchad organisera les élections communales et législatives avant la fin du premier semestre 2019. En début d’année, le ministre de l’administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale, Mahamat Abali Salah est a visité le Bureau permanent des élections (BPE) où se trouvent les machines de production des cartes d’électeurs et les matériels électoraux. Sur le plan politique, les acteurs s’activent à mettre en place les différentes structures pour ces opérations électorales, notamment, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ses démembrements.

 

Par Abel Tossi Nayalta

 Il faudra un budget de 70 milliards de francs CFA pour le gouvernement tchadien afin d’organiser les élections législatives et locales pour la fin du premier semestre de 2019. Un pas électoral qui permettra de renouveler le parlement installé depuis 2011. Légalement, le mandat de l’actuelle Assemblée nationale devait expirer le 20 juin 2015. Seulement voilà, face à l’impossibilité d’organiser de nouvelles législatives dans les délais, le Cadre national de dialogue politique (CNDP), regroupant à parité la majorité présidentielle et l’opposition ainsi que des représentants de la société civile avait proposé, début 2015, que le mandat de l’Assemblée soit prorogé de vingt-quatre mois, soit du 21 juin 2015 au 21 juin 2017. Mais préalablement, le 25 février 2015, l’Assemblée nationale avait adopté une loi modifiant la Constitution et prorogeant la durée de la législature en cours. C’est la troisième fois dans l’histoire de la jeune démocratie tchadienne que la classe politique a recours à ce scénario. La première législature avait déjà été prolongée d’un an en février 2001 et la deuxième de quatre ans en raison de la crise qui a suivi l’incursion militaire rebelle dans la capitale en février 2008.

Les raisons du report des élections

En 2016, dans sa justification de la non tenue de ces élections, le gouvernement avait expliqué qu’avec la crise économique et financière due à la chute brutale du prix du baril de pétrole sur le marché international, associée aux conséquences néfastes de la situation sécuritaire au Cameroun, au Niger, au Nigéria et au Mali, où l’armée tchadienne est déployée pour faire face aux terroristes de tout bord, il était impossible, pour le régime d’organiser les élections législatives et locales. C’est dans ce sens que des démarches politiques ont été menées pour le maintien de cette mandature en place qui avait frôlé, vers la fin de 2017, une motion de censure. Aujourd’hui, il s’avère impérieux que le Tchad organise ces élections législatives et locales pour le renouvellement de ces instances qui durent depuis huit (8) ans. Soucieux donc de cet enjeu électoral, les responsables du Cadre national du dialogue politique (CNDP) s’activent pour la mise en place de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui sera composée à parité entre la majorité et l’opposition avec une personne ressource comme président. D’après Mahamat Zen Bada, secrétaire général du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir, « une fois que le travail du CNDP aura été validé par des parties prenantes, la nouvelle CENI doit travailler le règlement intérieur, le code de bonne conduite et retenir un chronogramme qui doit indiquer la date de la mise en place des démembrements, réviser la liste électorale, entre autres ». Selon les estimations, pour organiser ces élections, il faut au minimum 70 milliards de francs CFA, dont 30 milliards à verser par l’Etat tchadien les partenaires du Tchad devront financer le reste. C’est ainsi que dans la loi de finances 2019 adoptée par l’Assemblée nationale, le gouvernement a mis sur la table ses 30 milliards Fcfa pour démarrer les opérations. Sans la participation de la communauté internationale, il sera visiblement difficile pour le pays d’organiser ces élections dans le délai prévu. En attendant la tenue de ce scrutin, les acteurs politiques, notamment de l’opposition s’activent, parfois à coup de divergences, pour leur représentation  au sein de la CENI.

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