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Togo : législatives 2018, contours d’une campagne électorale sans enjeux

En l’absence de l’opposition traditionnelle qui n’a pas présenté de candidats, des indépendants et des partis politiques de l’opposition, sans encrage, occupent le terrain pour affronter l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir) le 20 décembre prochain. Contestées par les principales forces de l’opposition togolaise (C14), ces législatives vont permettre de renouveler les 91 sièges de députés à l’Assemblée nationale togolaise. Zoom sur une campagne plus que timide.

 

Par Alphonse Ken Logo

Ce mardi 18 décembre, marque la fin d’une campagne électorale très controversée, sans véritable enjeux, avec tout de même sa particularité : la forte présence des jeunes en lice.

Au total, une douzaine de listes des candidats indépendants, avait été validées par la Cour constitutionnelle togolaise. Dynamiques, ces jeunes ont été les plus présents sur le terrain par des meetings, affiches, émissions radiophoniques, et des caravanes dans les circonscriptions électorales où ils sollicitent le vote des togolais.

C’est le cas de la liste « Bâtir », composée essentiellement des jeunes. Elle est conduite par Atsou Yao Fiacre, ingénieur de 35 ans, désabusé « par la politique de la chaise vide de l’opposition », fatigué de voir des jeunes « servir de béquilles à des politiques depuis deux décennies » rien que pour « assouvir leurs ambitions ». Profitons de notre micro, il pousse un coup de gueule : « La jeunesse togolaise représente plus de 63% de la population. Mais depuis toujours, elle a été mise en marge de la politique, et les décisions politiques n’ont jamais été en faveur de cette dernière. Cette fois ci nous avons choisi de prendre notre destin en main, solliciter le suffrage des togolais, aller dans l’hémicycle et défendre les causes de la jeunesse et la de population togolaise toute entière ». Celui qui a axé sa campagne sur les maux de la jeunesse dans la situation de crise perpétuelle que connait le pays reste confiant sur l’issue du scrutin. Une niaque qui caractérise la majorité des jeunes candidats dont la tranche d’âge est de 25 – 40 ans.

Les femmes, toujours  « aux abonnés absents »

Au Togo, la loi électorale encourage la candidature des femmes aux différents scrutins nationaux. Elle érige en règle, sans l’imposer « la parité femme et homme » sur les listes des candidats des partis politiques légalement établis. Pour ces législatives, malgré le fait que la caution des femmes candidates a été réduite de moitié, la présence des femmes reste insignifiante sur les listes. Et sur le terrain, en dehors de quelques unes qui se démarquent, les femmes sont moins visibles. Sur les 850 candidats, elles ne représentent que 22%.

Dans le camp au pouvoir, seulement une trentaine de femmes sont en lice. Mais si elles ne sont pas nombreuses, elles occupent cependant une place de choix dans cette élection. Dans le grand Lomé par exemple, le parti UNIR n’a positionné essentiellement que des femmes. Elles sont placées en bonne position pour assurer leur victoire le 20 décembre prochain. « Je pense que nous les femmes sommes déterminées à prendre notre place dans l’hémicycle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président de notre grand parti nous a fait confiance en nous positionnant. Et nous faisons de notre mieux pour nous faire élire au soir du 20 décembre » a déclaré à Hémicycles d’Afrique la candidate Raymonde Kayi Désouza, déléguée nationale des femmes du parti. La liste du parti UNIR dans le grand Lomé est portée par Mme Ibrahima Meïmounatou, vice présidente du parti. Une femme tête de liste dans la capitale togolaise Lomé, c’est une première dans l’histoire du pays

Timide campagne électorale

Visiblement affectée par la crise politique qui secoue le pays, la campagne électorale n’a pas connu une grande affluence. « On se demande des fois où anime t-on les meetings, les activités grand public malgré des centaines de meetings et de réunions publiques que la Force Spéciale Election annonce chaque jour avoir sécurisé » ironisait vendredi sur une radio locale à Lomé, Thierry Afanoukoé, journaliste togolais. Une situation qui touche tous les camps pense t-il : « même le parti au pouvoir ne s’est pas véritablement fait remarquer, en dehors de quelques circonscriptions électorales de l’intérieur comme Tchamba, Moyen Mono. Nous n’avons pas connu une véritable campagne électorale comme le Togo en a l’habitude».

Quant aux partis de l’opposition (plutôt des petits partis) CPP, PDR, MPDD, NET, MRC etc… engagés dans ce processus électoral, ils n’ont pas été véritablement actifs et visibles lors de cette campagne. Un manque d’engouement qui traduit sans doute l’absence d’enjeux pour ce scrutin. Pour sa part, la coalition de l’opposition dénommée C14 continue ses appels au boycotte de l’élection.

Conformément à la loi électorale du Togo, le scrutin devra démarrer ce mardi avec le vote par anticipation des forces de défense et de sécurité. Ce qui les permettront de sécuriser, deux jours plus tard, les opérations de vote sur toute l’étendue du territoire national.

Photo: Cherita Gbeblewou, candidate indépendante « Batir » © Alphonse ken Logo

 

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