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Togo : l’engagement des députées de la 6ème législature

La 6ème législature du parlement togolais regorge moins de femmes que la finissante. Précédemment dix-sept (17) au cours de la 5ème législature, elles ne sont que quinze (15) désormais à vouloir porter la voix de leurs sœurs au sein de ce parlement. De quelle chapelle politique viennent-elles et quels ont été leur parcours respectif ? Nous vous proposons un zoom sur ces nouvelles dames parlementaires.

 

Par Alphonse Ken Logo

Afin de permettre une meilleure représentativité des femmes au sein du parlement togolais, la caution de candidature pour les législatives du 20 décembre 2018 a été réduite à moitié. Malgré cette mesure, seulement 22% des femmes ont pu déposer leur dossier de candidature sur les 850 candidats en lice pour ce scrutin législatif. Au soir de cette joute électorale, 15 sièges ont été arrachés par ces femmes sur les 91 que compte le parlement togolais.

Parmi ces femmes élues, figurent des ministres en poste, des anciennes ministres du Président Faure, des responsables de la société civile et des cadres de l’administration togolaise. Toutes ces femmes n’ont qu’une seule vision : défendre la cause féminine avec un engagement ferme d’apporter une pierre à l’édifice du combat de la revalorisation de la femme togolaise.

 

Qui sont donc ces « amazones » de la 6ème législature ?

Il convient d’abord de faire signaler que parmi les quinze (15) candidates élues députées, onze (11) découvrent pour la première fois les sièges du parlement et quatre (4) ont su renouveler leur mandat législatif.

Plusieurs fois ministre depuis l’avènement du Président Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005, Ibrahima Meimounatou est peu connue des togolais compte tenu de sa vie souvent hors des caméras et micro des professionnels des médias. Et pourtant, elle était dans le bureau de la 5ème législature et avait été l’une des vice-présidentes de cet hémicycle.

Sa collègue Bernadette Legzim-Balouki, alors inspecteur des impôts vient de se faire réélire pour une deuxième fois. Ses fonctions de ministre du commerce et la promotion du secteur privé puis de l’industrie de la zone franche, ne lui ont pas permis de siéger au parlement. Réélue en décembre dernier, elle pourrait préférer à nouveau ses fonctions ministérielles aux activités parlementaires en envoyant son suppléant. Ce qui réduirait malheureusement le nombre de femmes qui siégeront au cours de cette 6ème législature.

Tségan Yawa Djigbondi, elle, est réélue dans le Kloto. 1er questeur de la précédente législature, elle est issue de la liste UNIR dont elle est d’ailleurs la trésorière générale. La quatrième sur la liste des réélues est Kolani Yobate épouse Bakali.

Les nouvelles venues sont peu connues dans l’opinion publique togolaise. Sept (7) d’entre elles proviennent des listes des indépendants, trois (3) du parti au pouvoir, UNIR et Doris Léonardina De Souza, la seule femme issue de la liste l’UFC, le parti de l’opposition

 

Nouvelles mais missionnaires engagées

Elles sont certes minoritaires pour cette 6ème législature, mais elles se sont toutes engagées à faire avancer la cause féminine togolaise. Raymonde Kayi Lawson- de Souza, 50 ans fait partie de cette vague. Elue sur la liste du parti UNIR, parti au Pouvoir, dans la circonscription électorale d’Agoé et Golfe dans la capitale Lomé, cette notaire de formation, déléguée nationale des femmes de son parti politique, s’engage à travailler, au cours de son mandat électif « pour faire progresser le rôle de la femme dans la société togolaise à travers des initiatives de lois et en s’appuyant sur la majorité des 59 députés de son parti ». « En tant que déléguée nationale des femmes de mon parti, j’ai une large vue sur la femme togolaise et ses difficultés, et je compte bien m’en servir pour leur donner une réponse », a-t-elle confié à l’équipe de Hémicycles d’Afrique

Même son de cloche du côté de l’opposition. « Ma vision est que nous arrivions à hisser la femme à un niveau de vie de dignité respectable pour qu’elles se sentent dans leur peau. J’en ai vu pendant la campagne, des femmes qui parlent de leur quotidien en larmes. Il faut qu’on corrige cela » affirme Léonardina Rita Doris Wilson-de Souza de l’UFC, principal parti désormais de l’opposition au Togo. Ancienne ministre des droits de l’homme et de la consolidation de la démocratie de 2010 à 2013, cette sexagénaire vient d’être élue députée pour la première fois dans la circonscription électorale Golfe-Agoè à Lomé. Elle entend œuvrer afin d’encourager l’engagement des femmes en politique. Et pour y parvenir, elle envisage investir régulièrement le terrain pour sensibiliser sa cible. « Si les jeunes femmes refusent de faire la politique, la politique les fera. Car la politique et le développement vont ensemble » pense t-elle. Cette vision est également partagée par Assoupi Amélé, l’élue de la liste indépendante « Alolédu Vo » dans la circonscription électorale du Vo. Pour elle, les femmes doivent mieux batailler pour prouver aux hommes que l’engagement de la femme en politique est aussi gage du développement d’une nation.

Montage photo: AKL/HA

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