Togo : « Les réformes constitutionnelles et institutionnelles constituent une aspiration profonde du peuple » dixit Anani Kpomégbé 

Anani Kpomégbé © Alphonse Ken Logo pour HA

Togo : « Les réformes constitutionnelles et institutionnelles constituent une aspiration profonde du peuple » dixit Anani Kpomégbé 

Elu sur la liste de l’Union des forces de changement (UFC), principale force de l’opposition après le scrutin du 20 décembre 2018, le député Anani Kpomegbé évoque dans cet entretien exclusif accordé à Hémicycles d’Afrique, la bataille que mènera sa formation politique au cours de cette législature pour le mieux-vivre des citoyens togolais. Aussi, a-t-il également évoqué les priorités auxquelles s’attachera son parti UFC.

 

Propos recueillis par Alphonse Ken Logo

Hémicycles d’Afrique : Est-ce un coup de chance de se faire élire député à 43 ans ?

AK : Mon élection aux législatives du 20 décembre 2018 a été une élection réglementaire. Cela ne peut en aucun cas être un coup de chance parce qu’au regard de nos efforts pendant la campagne électorale et vue les moyens déployés par nos adversaires politiques dans la préfecture de Vo, nous devons nous féliciter pour cette victoire. De plus, quand on voit la répartition de l’électorat, nous venons en deuxième position après le groupe indépendant « Alolédu Vo ». C’est d’ailleurs là une raison de plus pour dire que notre élection est régulière et tout le monde s’en réjouit.

HA : Quelles sont désormais les priorités de l’UFC à l’Assemblée nationale ?

AK : La priorité de nos priorités sera les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Ça fait très longtemps que ce problème traine sur la table des députés à l’hémicycle. Bientôt, nous pensons nous attaquer rapidement à ce sujet, discuter avec nos collègues d’UNIR qui sont majoritaires avec 59 députés pour trouver un terrain d’entente sur le sujet. Le consensus sera privilégié si le vote ne peut être la solution. C’est fondamental puisque la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles constitue « une aspiration profonde de tous les Togolais ».

Sur le plan social, étant donné que nous sommes enseignant nous même, nous travailleront à ce que les années scolaires ne soient plus malmenées par des mouvements de grèves qui paralysent l’évolution de nos élèves.

S’agissant des préfectures de Vo et de Yoto, victimes en continue de l’extraction minière et où le dédommagement des propriétaires terriens est un problème ou est dérisoire, nous comptons émettre des propositions de lois qui auront pour objectif de rehausser le niveau des indemnités de ces propriétaires terriens.

Enfin, la préfecture de Vo, où nous sommes élus, est une grande préfecture essentiellement agricole. Nous pensons déjà à des projets que nous pouvons mettre en œuvre pour soulager un temps soit peu nos parents en difficulté. Nous tendrons, à coup sûr, vers des projets ayant une innovation technologique, le recyclage des paysans, et la recherche des bailleurs qui pourront financer des projets de distribution d’intrants agricoles etc.…

HA : Comment comptez-vous constituer la force d’une minorité à l’Assemblée nationale alors que UFC n’a que 7 députés ?

AK : C’est vrai qu’au soir des législatives du 20 décembre 2018, l‘UFC est devenu le principal parti de l’opposition donc a le statut de chef de fil de l’opposition suivant la constitution du pays. Mais n’oubliez pas que la force de notre parti réside dans l’accord de mai 2010 conclu entre le chef de notre parti et le RPT/UNIR basé sur les fondements d’une alternance pacifique et négociée. Sur la base de cet accord, nous allons tout négocier, discuter pour arriver à l’alternance. Nous discuterons avec les autres partis et même les indépendants pour leur expliquer le bien fondé de cet accord et nous pensons qu’ils comprendront et nous arriverons à nous entendre. Nous devons tout faire pour ne plus tomber dans la violence.

On ne peut plus rêver de l’alternance dans la violence. Et il me semble que le parti au pouvoir et même les indépendants et tous les autres partis de l’opposition ont compris cela. Notre aspiration est basée sur le pacifisme. L’Alternance dans le pardon. C’est pour cela que nous serons même ouverts aux propositions des autres partis et indépendants, discuter jusqu’à trouver une solution qui pourra véritablement répondre aux aspirations du peuple togolais.

HA : Y aura-t-il encore de l’opposition à l’Assemblée nationale avec cette posture ?

AK : Pas tout à fait. L’UFC a fait un long chemin dans le radicalisme, la violence. Finalement, l’UFC s’est converti parce que convaincu que la violence ne peut jamais changer ce pays. Notre stratégie basée sur l’alternance pacifique va toujours prévaloir. Il n y aura plus de radicalisme et de la politique de la chaise vide. Cette 6e législature ne connaitra pas une opposition radicale ni extrémiste, non.

HA : Donc une opposition de proposition et de négociation ?

AK : Voilà. Une opposition de proposition et de négociation. Si nous proposons et que nos adversaires politiques ne comprennent pas, nous défendrons nos propositions jusqu’à l’entente. Je vous remercie.

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