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Tunisie – Législatives 2019 : Le ring des candidats

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Les élections législatives s’annoncent mouvementées cette année et particulièrement dans certaines circonscriptions. Partis politiques et indépendants se préparent à entamer cette bataille pour conquérir le cœur des électeurs et s’offrir une place à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Par Emna Ben Abdallah / businessnews.com.tn

Dans la circonscription de Tunis 1, près de 10 dirigeants politiques, connus sur la scène nationale, ont déposé leurs listes électorales au bureau de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie).

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui était accompagné, notamment, par les députés Yamina Zoghlami et Abdellatif Mekki, a fièrement déposé, ce lundi 29 juillet 2019, sa fameuse liste électorale, qui rappelons-le avait suscité beaucoup de critiques au sein du parti islamiste.

« Plusieurs raisons m’ont poussé à déposer ma candidature aux législatives. Tout le monde sait très bien que nous avons un régime parlementaire. Si les leaders des partis politiques n’y prennent pas part, cela voudrait dire qu’ils n’accordent pas d’importance à l’Assemblée ! Les grands dirigeants politiques doivent être présents au Parlement, surtout qu’il y a en ce moment une certaine abstention dans la vie politique. Les élections sont une bataille démocratique ! », avait déclaré Rached Ghannouchi au micro de Mosaïque FM.

Un message qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, puisque la place que convoite Rached Ghannouchi suscite également l’intérêt de Selim Ben Hassen (3ich Tounsi), Jilani Hammami (Al Jabha), Samia Abbou (Courant démocratique) et Mustapha Ben Ahmed (Tahya Tounes). Tous voudraient battre Rached Ghannouchi pour rafler ainsi la circonscription très prisée de Tunis 1. En particulier, Basma Khalfaoui, veuve du martyr Chokri Belaïd, qui s’est présentée elle aussi aux législatives en tant que tête de liste de l’Union démocratique sociale (UDS) sur la même circonscription.

« Cette candidature est un défi. Pour tous ceux qui estiment que cette personne et ce parti [Rached Ghannouchi et Ennahdha] ont semé la discorde dans le pays. Ceux qui considèrent que la Tunisie n’a pas connu de stabilité lorsqu’ils étaient au pouvoir et ceux qui ressentent une injustice », avait-t-elle déclaré ce lundi lors de son passage sur Express FM.

Certains électeurs s’impatientent déjà de voir comment se dérouleront les législatives dans la circonscription de Tunis 1 et par-dessus tout comment le combat de boxe entre Rached Ghannouchi et Basma Khalfaoui aura lieu.

Dans la circonscrpiton de Tunis 2, l’ambiance est toute autre. Quelques dirigeants phares se sont donnés rendez-vous dans cette circonscription. On y retrouve, le ministre du Transport, Hichem Ben Ahmed (Tahya Tounes), Abir Moussi (présidente du Parti destourien libre), Walid Sfar (Afek Tounes), Mohamed Jmour (Front populaire) et Faouzi Charfi (UDS), mêlés à des noms moins connus comme celui de Aroua Ben Abbes, tête de liste d’Ennahdha.

Le choix des électeurs sera peut-être moins difficile à faire et la tension ne sera pas aussi palpable que pour la circonscription voisine. La conquête de Tunis 2 s’annonce en fin de compte pas si chaude, comme le souhaitent sûrement certains analystes politiques ou politiciens.

L’ennemi à abattre pour ses adversaires sera essentiellement Abir Moussi, considérée comme étant une des figures de l’ancien régime de Ben Ali connue pour son discours prônant l’exclusion.

Toutefois, la présidente du PDL avait prédit, sur un ton fier, que son parti réussira haut la main à gagner ces échéances électorales et fera ainsi son entrée dans le parlement. Sera-t-elle donc la surprise de ces législatives ?

Pour ce qui est des circonscriptions de Bizerte, Sousse ou l’Ariana, on retrouve des noms très intéressants. C’est d’ailleurs le cas de l’ancien ministre de l’Intérieur après la révolution de janvier 2011, Farhat Rajhi, qui souhaite sûrement, après avoir remporté les législatives, revenir à la vie politique par la grande porte. Ce dernier, tête de liste d’Attayar dans la circonscription de Bizerte, avait rappelons-le, été largement critiqué tant par les médias que par les citoyens pour ses déclarations alarmantes et ses décisions qui avaient énormément troublé l’opinion publique lorsqu’il était ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Ghannouchi.

Farhat Rajhi n’aura pas seulement pour mission de reconquérir le cœur des Tunisiens. Il devra prouver qu’il a l’étoffe d’un dirigeant politique digne de représenter les habitants de Bizerte sous la coupole du parlement.

Comme c’est d’ailleurs le cas de la fondatrice de 3ich Tounsi, Olfa Terras Rambourg, qui avait fait, elle aussi, l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois. Mme Rambourg, originaire de Bizerte, est en effet critiquée pour avoir utilisé son association à des fins politiques. Candidate en tant que tête de liste de 3ich Tounsi pour la circonscription de Bizerte, Olfa Terras Rambourg aura pour objectif d’améliorer sa réputation et son image, ou même de se faire connaitre pour certains, afin de gagner un billet pour faire son entrée dans l’Assemblée. Elle devra donc convaincre les électeurs de voter en sa faveur et non pour ses concurrents, notamment Samir Dilou (Ennahdha), Mehdi Ben Gharbia (Tahya Tounes) et Ali Belakhoua (Amal Tounes).

Du côté de l’Ariana, les électeurs devront choisir entre Sahbi Atig (Ennahdha), Karim Helali (Tahya Tounes), Mbarka Aouinia (Front populaire), Ghazi Mrabet (3ich Tounsi), Rym Mahjoub (Afek Tounes), Abdelaziz Kotti (Harakat Amal) et Radhi Jeribi (Citoyens).

En ce qui concerne Sousse, il y aura comme candidats phares à ces législatives Ridha Charfeddine (Au cœur de la Tunisie), Houssine Jenayeh (Tahya Tounes) et le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari (Ennahdha). Des candidats qui n’auront pas seulement à convaincre de voter pour eux mais qui devront aussi redorer l’image d’un parti placé sous le feu des critiques.

En octobre prochain, les électeurs se donneront rendez-vous dans les bureaux de vote pour choisir les candidats qui les représenteront au parlement. Beaucoup de fautes avaient déjà été commises au cours de ces cinq dernières années et plusieurs lois importantes n’ont toujours pas été examinées par les députés.

Si certains ont la mémoire courte, les électeurs n’oublieront sans doute pas le taux d’absentéisme alarmant qui est observé au sein du parlement ainsi que les nombreuses bagarres et interminables querelles que la coupole du Bardo a abritées.

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